L'enceinte néolithique du Coteau du Breuil se situe sur la commune de François (Deux-Sèvres), à quelques kilomètres au nord-est de Niort.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

La surface fouillée est de 6 800 m² et concerne des parcelles faisant l'objet d'un projet de lotissement. L'arrêté de fouille a été émis par la préfecture le 27/09/2006, à l'issue d'un diagnostic réalisé sous la direction de F. Marembert (Inrap), en mars 2006.

La commune de François comprend plusieurs villages dont celui du Breuil, installé sur un plateau dominant le Chambon, non loin de sa confluence avec la Sèvre niortaise. La fouille de l'enceinte néolithique a nécessité plusieurs phases complémentaires, de juin à décembre 2007. Conformément aux prescriptions du SRA, un décapage général des couches superficielles a été réalisé à la pelle mécanique sur quatre zones. Le décapage des zones 1 et 4 a mis en évidence un système complexe de fossés interrompus disposés sur au moins deux rangées. Il n'a pas été possible de vérifier la présence ou l'absence de rangées de fossés supplémentaires, en raison de la présence des voieries et de la limite d'emprise.
Le fossé situé vers l'intérieur de l'enceinte se décompose en plusieurs tronçons, profonds de plus d'1 m de profondeur pour une largeur d'environ 2,30 à 2,50 m. Trois interruptions y ont été relevées. La plus importante, probablement au niveau d'une entrée, se trouve dans une zone qui ne peut qu'être partiellement fouillée, une bonne partie se situant en effet sous la voirie ou en bordure de celle-ci. Au nord de cette première ligne de fossé, un autre fossé, de profondeur et de largeur identiques au premier, a été découvert. Une seule interruption a pu être mise en évidence, vers l'entrée supposée du site.
Dans la zone 4, située en bordure de plateau, ces 2 fossés ont été retrouvés. Toutefois, ils sont ici creusés directement dans le calcaire. La zone 4 a également montré des structures inhabituelles. 
 
Dans la zone 1, plusieurs trous de poteau, certains avec calage et quelques-uns présentant des alignements, ont été mis au jour. Dans les zones 2 et 3, ces trous de poteau sont en nombre très important, comme le montre le plan d'ensemble. Ils sont très arasés et présentent une faible profondeur, environ 10 à 20 cm. Il n'est pas évident de les associer chronologiquement au fossé, même si le matériel qui y a été exhumé présente les mêmes caractéristiques que celui recueilli dans les fossés. Certains alignements semblent toutefois intéressants et reprennent peut-être le plan de grands bâtiments néolithiques.
Le mobilier (céramique, faune et lithique) mis au jour dans les trous de poteau est relativement indigent. Par contre, les fossés, notamment le fossé interne, contiennent un mobilier abondant : céramiques, écrasées en place, découvertes dans le remplissage, matériel lithique dont une meule en grès mise au jour dans le fond du fossé. Des ossements de faune ont également été mis au jour. L'examen du mobilier révèle un matériel attribuable chronologiquement au Néolithique récent ou final. Aucun élément décoré sur la céramique (à l'exception d'anses et autres boutons de préhension) ne permet à l'heure actuelle de préciser l'attribution chrono-culturelle. Les études permettront de préciser ce point.
 
La zone 4, située en bordure de plateau, vers l'extrémité est de l'enceinte, a été riche en surprises. Le fossé interne s'y termine par un escalier creusé dans le calcaire, et, après une interruption de plusieurs mètres, une structure en creux de grande dimension a été repérée dans le prolongement de ce fossé. Elle se présente comme un puits de 2 m de profondeur pour un diamètre de 3 à 4 m. Au fond, une petite niche a été creusée vers l'ouest, alors qu'à l'opposé une niche de dimensions beaucoup plus importantes (environ 6 m²) a été aménagée. Très peu de mobilier céramique y a été mis au jour, alors que des fragments de squelettes de chiens ainsi que des restes humains (enfants de 4-5 ans) ont été recueillis. Mais aucun aménagement n'a pu être mis en évidence. 
À l'extrémité du fossé externe, une petite niche creusée dans la paroi a également livré des restes humains (enfants  de 4-5 ans). Enfin, dans le prolongement de ce fossé, et après une interruption de quelques mètres, un nouveau puits, de dimensions sensiblement identiques au précédent, a été fouillé. Plusieurs niches sont encore aménagées dans les parois calcaires, comportant des fragments de squelettes de chiens et d'enfants (de 4-5 ans). Enfin, à la base du remplissage de ce puits, directement posés sur le sol calcaire, 8 bois de cervidés ont été mis au jour. 
 
Les premiers résultats révèlent un site tout à fait exceptionnel. Il s'agit d'une enceinte néolithique à fossés interrompus, datée du Néolithique récent/final qui rejoint les quelques enceintes connues dans la région niortaise : Chauray, les Loups à Échiré, à quelques kilomètres à peine de François, et les deux enceintes de Saint-Maxire, ainsi que celle, un peu plus éloignée, de Champ-Durand à Nieul-sur-l'Autize.