Le diagnostic archéologique, effectué en 2006 dans la cour du Grand Commun du château de Versailles, en amont d'un projet de réaménagement de cet édifice, a permis d'identifier l'emplacement du jeu de paume du château de Louis XIII ainsi qu'un cimetière du haut Moyen Âge (Ve-Xe siècle).

Dernière modification
04 août 2016

La fouille en cours a été prescrite par le service régional de l'Archéologie d'Île-de-France et permettra d'affiner la datation et d'étudier l'intégralité des vestiges.

Historique du jeu de paume

Vers 1630, Louis XIII fait construire un jeu de paume à côté de son château. Dit le « tripot », ce jeu de courte paume, ancêtre des jeux de raquette et de batte, est édifié derrière le presbytère. Il fait l'objet d'un programme de construction très élaboré, dû à l'architecte Philibert Le Roy qui, fin 1629, obtient les signatures de divers entrepreneurs pour construire « ung jeu de paulme et pavillon joignant pour le logement du paulmier que Sa Maté veult et entend estre faict près le chasteau de Versailles ».

Ces édifices sont à l'époque de véritables lieux de sociabilité pour diverses catégories de population : clercs, bourgeois ou princes y jouent à la courte paume.

Sol du jeu de paume construit vers 1630 par Louis XIII. Fouille de la cour du Grand Commun du château de Versailles (Yvelines), 2007.

Ce jeu de courte paume a fait l'objet d'un programme de construction très élaboré par l'architecte Philibert Le Roy. Il se compose d'un jeu et d'un pavillon d'habitation pour le maître paumier redécouverts lors de cette fouille.

Sol du jeu de paume construit vers 1630 par Louis XIII. Fouille de la cour du Grand Commun du château de Versailles (Yvelines), 2007.

Ce jeu de courte paume a fait l'objet d'un programme de construction très élaboré par l'architecte Philibert Le Roy. Il se compose d'un jeu et d'un pavillon d'habitation pour le maître paumier redécouverts lors de cette fouille.

© Denis Gliksman, Inrap

La fouille du jeu de paume

Le décapage archéologique a mis au jour le plan complet du jeu de paume, qui se présente sous la forme d'un grand bâtiment rectangulaire de 33 m sur 14 m. Les murs latéraux de cet édifice public mesurent 1,30 m de largeur.

La présence de galeries sur trois côtés indique qu'il s'agit d'un jeu « à dedans ». Le grand mur du quatrième côté est largement perturbé par de profondes galeries souterraines creusées lors de la construction du Grand Commun.
Le sol, revêtu de carreaux en pierre de taille (28 cm par 30 à 32 cm), est probablement précédé d'un sol de carreaux en terre cuite. De part et d'autre du jeu de paume, des murs, sols et latrines peuvent appartenir à la maison du paumier, l'artisan qui entretient, gère et anime la salle de jeu. Elle peut fournir un mobilier archéologique bien particulier : déchets de fabrication, pelotes, balles...

Le cimetière du haut Moyen Âge

Les sondages ont permis la découverte d'inhumations en pleine terre datées du haut Moyen Âge. L'angle ouest de la cour du Grand Commun est tangent à l'ancienne église Saint-Julien figurée sur les plans du XVIIe siècle. La proximité d'un lieu de culte, même s'il est attesté plus tardivement, suggère l'existence d'un cimetière paroissial. Par ailleurs, ce cimetière du haut Moyen Âge et les vestiges d'habitat médiévaux nous rappellent que l'histoire du village, masquée par celle du château royal, n'était en rien connue et que les fouilles pourront remédier à cette méconnaissance.