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Mis à jour le
01 avril 2016
Colloque
La Préhistoire des autres

Colloque international organisé par le musée du Quai Branly et l'Inrap, les 18 et 19 janvier 2011, au Théâtre Claude Lévi-Strauss, musée du Quai Branly, 37 Quai Branly - 75 007 Paris France

La Préhistoire des autres
par Guilhem André, musée Guimet, et Hélène Martin, Inrap

En Extrême-Orient comme en Europe, l'archéologie contemporaine trouve un intérêt particulier dans l'étude des peuples de l'Antiquité situés en marge des civilisations sédentaires, autrefois considérés comme barbares, nomades et souvent sans écriture. Leur mémoire est parfois perpétuée par les récits des chroniqueurs des grands empires et en Chine, les Xiongnu (du IIIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère), d'abord décrits par l'historien Sima Qian (env. 145-86 avant. notre. ère) à la manière des Scythes par Hérodote (env. 484-424), en sont un bon exemple. Cette fortune historique tient au fait qu'ils constituent pendant longtemps le danger le plus important auquel devra faire face la dynastie Han (206 av. notre ère-220 de notre ère), bien connue par les sources écrites.
Au faîte de sa puissance, ce peuple semi-nomade aurait en effet contrôlé un immense territoire, sans toutefois laisser beaucoup de vestiges très apparents. Il y a peu d'années encore, le nomadisme des Xiongnu était donc considéré comme une donnée généralement acquise. Si l'on s'en tenait à une vision traditionnelle, leur subsistance aurait ainsi reposé sur un pastoralisme nomade et un commerce frontalier et l'équilibre global de leur économie sur la nécessité de pratiquer des razzias régulières en terre Han. Les récents travaux archéologiques effectués en particulier en Mongolie ouvrent de nouvelles perspectives sur ces questions, cette culture semble se dessiner comme beaucoup plus autonome, bénéficiant d'une part des caractéristiques d'un mode de vie inhérent aux pasteurs nomades et d'autre part de celles propres aux sociétés sédentaires. A travers quelques exemples choisis, il s'agira ici de proposer un état de la problématique du nomadisme dans les steppes aux environs de notre ère sur le sujet des Xiongnu.
Guilhem André, ancien élève de l'École du Louvre, est docteur en archéologie de l'université Paris IV-Sorbonne, et historien d'art. Formé en Chine au sein des facultés d'archéologie de l'université du Sichuan puis de l'université de Pékin, il fouille sur plusieurs sites importants, notamment en Mongolie intérieure. Il enseigne actuellement à l'Institut Catholique de Paris. Adjoint au chef de la Mission archéologique française en Mongolie depuis 2002, il en assure le secrétariat scientifique au musée des Arts asiatiques-Guimet. Spécialiste de l'archéologie des steppes d'Extrême-Orient, ses recherches l'amènent à s'intéresser en particulier à la problématique nomades-sédentaires ainsi qu'aux réseaux commerciaux qui sillonnent ces territoires.

Hélène Martin est docteur en anthropologie sociale et historique de l'Europe à l'université de Toulouse-le-Mirail. Archéozoologue à l'Inrap, elle est également chargée de cours sur l'archéozoologie dans le mastère « Sciences et Technologies » de l'université de Bordeaux I et anime divers séminaires à l'université de Toulouse-le-Mirail. Elle participe à de nombreuses missions au Pérou et en Mongolie, notamment avec la Mission archéologique française, où depuis de nombreuses années elle assure l'étude des restes animaux recueillis en contexte funéraire notamment pour ce qui concerne les vestiges xiongnu.

Quelques références :
• G. André, H. Martin et alii, Chevaux et Xiongnu en Mongolie : Où donc trouver les cavaliers nomades ?, Monumenta Serica, Sankt Augustin, sous presse.
• G. André et alii, Etude préliminaire des nécropoles aristocratiques xiongnu [en chinois], Kaogu xuebao, Pékin, 1, 2009.
• « Art et archéologie aux premiers temps de la civilisation mongole », Trésors du bouddhisme au pays de Gengis khan, Nice, 2009.
• « Une tombe princière Xiongnu à Gol Mod, Mongolie (campagnes de fouilles 2000-2001) », Arts Asiatiques, Paris, 57, 2002.
• Mongolie, les Xiongnu de l'Arkhangaï , Admon, Oulan-Bator, 2007.
• « Analyse cémentochronologique des restes dentaires recueillis sur deux sites quercinois », dans Actes du 14e Colloque UISPP, Liège, 2-8 septembre 2001, sous la direction de M. Otte, Oxford.
• Avec P.-Y. Demars et O. Le Gall, « Saisonnalité, mobilité des sites une approche polythématique », dans Chasseurs-cueilleurs - Comment vivaient nos ancêtres du paléolithique supérieur, CNRS Editions, Paris, 2007
• "The animal in the universe xiongnu : companion of the living, escort of the dead", dans Actes de la Conférence internationale sur les Xiongnu, Oulan-Bator, octobre 2008, à paraître.
• Avec O. Le Gall et P.-Y. Demars, « Le passage de Néanderthal à l'Homme anatomiquement moderne : une révolution technologique ? », dans actes du CPF, Bordeaux, 2010, sous presse.
• Avec O. Le Gall, P.-Y. Demars et M. Jarry, « Saison(s) et proie(s) : réflexions sur les notions de prédation(s) et de territoire(s) » dans « Modalités d'occupations et exploitation des milieux au Paléolithique dans le Sud-ouest de la France : l'exemple du Quercy ». Actes du colloque du 16e congrès de l'UISPP, Lisbonne, sept. 2006, suppl. n° 4 à la revue Paléo, sous presse.
Durée :
32'25''
Année :
2011