À partir du XIIe siècle, le développement des ressources, de nouvelles techniques, de l’espace urbain et du commerce sont à l’origine du passage d’une activité artisanale à activité de type industrielle. Ces progrès concernent tous les domaines dont la céramique, le textile, la métallurgie, le papier…

Mis à jour le
29 août 2016

L’étude du mobilier archéologique indique des évolutions sensibles dans les styles et les techniques. Ainsi, pour la céramique, on trouve au premier Moyen Âge un service de table très fonctionnel, présentant toutefois des formes et des ornements variés, avec des différences notables selon les régions. Le service comprend gobelet, bol, assiette, écuelle, cruche, pichet et oule, décorée à la molette ou peinte. La vaisselle en bois, sans doute importante numériquement, n’est conservée que dans des contextes humides, tout comme le cuir et le textile. La fouille des tombes permet la mise au jour de nombreux éléments de vêtements (boucles de chaussure, ou de ceinture, éléments décoratifs) datés des VIe-VIIIe siècles, ainsi que des pièces d’armement.

Des objets en os (tissage, peignes, tabletterie), en métal (outillage, armes, harnachement) et en verre sont également mis au jour dans les habitats.

L’artisanat

La plupart des habitants des campagnes du premier Moyen Âge disposaient d’une forge pour fabriquer ou réparer les objets : en témoignent les nombreuses scories découvertes sur les sites. Certains lieux spécialisés semblent avoir assuré la réduction du minerai, comme l’indique la découverte de bas fourneaux, de ferriers, de scories de coulées ou de résidus de minerai (à Forges-les-Bains, Saint-Maurice-Montcouronne ou Tremblay en Île-de-France). Le forgeron occupait alors une place importante dans la société. Les découvertes réalisées sur les différents sites montrent que Francs, Alamans et Burgondes avaient mis au point des techniques perfectionnées (comme la damasquinure et le cloisonné). Les objets en métal découverts lors des fouilles sont surtout des boucles de ceinture et de chaussures, des armes, mais également des clés, des serrures, et des outils agricoles (faucilles, faux, pelles, bêches, haches…). La charrue à soc et à versoir n’apparaît que vers le XIe siècle.

Les vestiges d’activités ludiques sont rares et principalement mis au jour sur les sites de statut privilégié (à Pineuilh en Gironde, par exemple). Il s’agit de pièces de jeux d’échec, d’instruments de musique, de dés. Ces mêmes sites ont aussi livré des pièces de harnachement et davantage de mobilier militaire (pointes de flèche, épées). Les lampes en terre cuite y sont également nombreuses.

Le filage et le tissage du lin et de la laine tiennent une place importante dans l’artisanat : aiguilles, navettes et poinçons sont taillés dans de l’os ou du bois de cerf. Les pesons sont en pierre ou en terre cuite. Des cabanes semi-enterrées abritent les métiers à tisser verticaux, utilisés jusqu’aux XIIe et XIIIe siècles, période autour de laquelle on voit apparaître le métier à tisser horizontal.

L’Europe connaît un puissant essor minier à partir de 1380-1385. Le charbon est exploité et la demande en fer est très forte (l’artillerie est en plein développement).

L’usage du papier se répand au XIVe siècle, remplaçant peu à peu le parchemin. En 1450, Gutenberg imprime en Allemagne le tout premier livre, la Bible.

L’artisan potier diversifie sa production : tirelires, carreaux de pavement, lampes… Les techniques d’engobe renforcent l’étanchéité des vases. Les productions témoignent d’importants progrès esthétiques et techniques.