A Vrigny, Marne, la fouille et l'étude des déchets récoltés sur le site de Vrigny attestent l'existence d'un atelier de forge à l'époque du Hallstatt final.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Cette découverte est exceptionnelle de par la rareté de ce type de vestiges dans les sociétés protohistoriques du nord de l'Europe. En effet, cette période correspond au début de la métallurgie du fer, où le travail du métal concerne de rares secteurs privilégiés, capables d'acquérir et de transformer la nouvelle matière.

Les résidus de forge (plus de 5 kg) sont concentrés dans une fosse au sein de niveaux très charbonneux. Le travail du fer se matérialise par différents types de déchets, principalement des scories denses et argilo-sableuses. Des éléments du foyer sont présents : blocs de grès et de calcaire et fragments de parois en terre cuite, dont certains sont munis d'un orifice qui correspond à l'arrivée d'air dans le foyer grâce au soufflet. Les rebuts de métal sont peu abondants, mais ils constituent un lot assez homogène, témoignant d'un travail sur des pièces relativement petites. Enfin, un nombre considérable de battitures de différentes tailles et de formes variées a été mis en évidence dans les prélèvements analysés. L'outillage de forgeron qui nous est parvenu est limité à deux fragments d'aiguisoirs. Il s'agit dans les deux cas de grès quartzique à grains très fins. Les éléments liés au travail des alliages cuivreux sont également présents dans les restes étudiés et dans les prélèvements : masses informes de métal fondu, fragments de creusets, billes et petites masses... Il a été observé une nette prédominance des battitures avec ajout qui impliquent, a priori, un travail à des températures au-dessus de 1 000 °C. Les battitures en billes, qui atteignent parfois des pourcentages élevés, correspondent à des micro-scories éjectées lors du forgeage, et traduisent en principe un métal mal ou pas très bien épuré.