Sur le plateau de Saclay (Ile-de-France), 2000 ans de transformation du paysage et de l'habitat

Dernière modification
19 février 2016

Au coeur de l'Essonne, en Ile-de-France, le plateau de Saclay est un pôle universitaire et technologique dont l'histoire remonte à plus de 2000 ans. Aujourd'hui en plein essor avec, notamment, l'implantation de nombreux nouveaux centres de recherche - parmi lesquels, le synchrotron SOLEIL - ce territoire a livré quelques-uns de ses secrets lors de travaux d'aménagement. Depuis 7 ans, les archéologues de l'Inrap se sont attelés à la fouille de plus de 100 hectares de terrain. Ils ont ainsi mis au jour une série de vestiges permettant d'enrichir la connaissance de l'histoire du plateau, et de mettre en évidence la permanence de son occupation au cours des millénaires. 

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L'apport des fouilles préventives

Jusqu'alors, l'état de la connaissance dépendait de quelques fouilles anciennes et de prospections. Les sources ont longtemps fait défaut pour les époques plus anciennes et en particulier pour la période celtique (Ve-Ier siècles avant J.-C.). Ces lacunes sont aujourd'hui comblées par les sondages de diagnostic et les fouilles récentes, sur la partie du plateau comprise entre les communes actuelles de Palaiseau, Saint-Aubin et Saclay : à Palaiseau, fouille du site des « Les Trois Mares » et diagnostic sur le site de l'Ecole Polytechnique en 2000, à Saint-Aubin, fouille du site de « L'Orme des Merisiers » en 2002, à Saclay, découverte d'un enclos gaulois sur les « Terrains Razel » en 2003, à Gif-sur-Yvette, fouille du « Rond-Point de Corbeville » en 2005 et en dernier lieu, fouille en 2006, du site gaulois et gallo-romain au « Val d'Albian ».

Les résultats de ces différentes interventions montrent désormais un plateau densément occupé, au paysage déjà très organisé, au plus tôt dès le IIe siècle avant J.-C. Pour les périodes plus récentes, en particulier le Moyen Âge, la documentation cartographique ancienne n'apporte guère d'informations. Elle renseigne essentiellement le réseau des voies et des anciens chemins mais reste peu prolixe sur le parcellaire et l'organisation de l'habitat, antérieurement aux XIVe-XVIe siècles. Les fouilles du site de « L'Orme des Merisiers » à Saint-Aubin, ont apporté sur ce point des données inédites, en mettant au jour les premiers éléments du terroir mérovingien de cette partie du plateau (VIe-VIIe siècles) et les vestiges d'un petit hameau, regroupé autour d'un habitat fortifié des Xe-XIIe siècles.
Les cartes confirment la vocation rurale et agricole de ce terroir dont l'occupation bâtie peu dense est restée très dispersée entre le Moyen Âge et l'époque actuelle. Les éléments bâtis sont essentiellement les fermes : La Vove (aujourd'hui La Vauve), La Hunière, Les Moulons, Le Mesnil, dont l'implantation en rebord de plateau s'inscrit dans la continuité des villae gallo-romaines, mais également la ferme de Villeras, au toponyme évocateur, la maison forte et ferme de La Martinière, et les quelques hameaux et principaux villages dont la fondation remonte au Moyen Âge (Vibois, Saclay, Saint-Aubin, Villiers...).

Exposition

Outre son apport historique, l'exposition axée sur l'archéologie du plateau évoque le développement de nouvelles technologies - dont celles utilisant le rayonnement synchrotron produit par SOLEIL. Des photons (lumière) viennent frapper un objet, un matériau, et permettent de l'étudier en surface et en profondeur. Les méthodes d'imagerie et d'analyse de micro-prélèvements, notamment, permettent ainsi une étude précise et détaillée du matériel archéologique (provenance, modes de fabrication, mécanismes de conservation).

Une exposition est proposée par SOLEIL et l'Inrap, en partenariat avec le Conseil Général de l'Essonne, la CAPS, les communes de Gif-sur-Yvette et de Saclay.
11-16 septembre 2007 : Centre du Val de Gif - Gif-sur-Yvette
18 septembre - 19 octobre 2007 : Conseil général de l'Essonne - Evry
12-18 novembre 2007 : Espace Lino Ventura - Saclay

Partenariat scientifique

Les applications pour le patrimoine et l'archéologie font l'objet de développements spécifiques à SOLEIL qui tissent un lien fort entre méthodes archéologiques et haute technologie. La volonté partagée d'approfondir et de diffuser l'étude des vestiges de l'archéologie préventive a tout naturellement amené SOLEIL et l'Inrap à initier une collaboration scientifique et culturelle concrétisée plus formellement, par la signature le 20 juin 2007 d'une convention-cadre entre les deux partenaires, amorce d'échanges scientifiques à venir.

SOLEIL

Situé sur le plateau de Saclay, en Essonne, SOLEIL est le second synchrotron de 3ème génération construit en France - le premier : l'ESRF de Grenoble, étant européen. SOLEIL est une société civile dont les deux actionnaires sont le CNRS et le CEA et dans lequel la Région Île-de-France et le Conseil général de l'Essonne sont également très fortement investis. La construction d'un tel équipement tient à la fois des grands chantiers et de la mécanique de haute précision. Il s'agit d'accélérer des paquets électrons afin qu'ils produisent un rayonnement lumineux exceptionnellement brillant et couvrant une gamme de longueurs d'onde très large : de l'infrarouge jusqu'aux rayons X, en passant par les ultraviolets. Les caractéristiques de cette lumière (intensité, focalisation, stabilité, polarisation...) permettent d'étudier la matière jusqu'au niveau atomique et autorisent des expériences inconcevables auparavant tant en recherche fondamentale qu'en recherche appliquée ou d'intérêt industriel. A SOLEIL on retrouve de nombreux domaines qui mobilisent la science et l'industrie aujourd'hui : la biologie, la chimie, les sciences des matériaux, l'environnement, la physique, les sciences de la Terre ou le patrimoine culturel et l'archéologie. Les critères définis pour SOLEIL (énergie de fonctionnement, nombre d'onduleurs, large domaine spectral de l'infrarouge aux rayons X, brillance, injection en continu pour une stabilité du faisceau au micron...) le placent au plus haut niveau de la compétition internationale.

www.synchrotron-soleil.fr/archeologie