Une équipe d'archéologues de l'Inrap, du CNRS et des universités de Rennes 2 et de Bourgogne réalise actuellement une fouille programmée sur l'oppidum gaulois du Mont Castel à Port-en-Bessin.

Dernière modification
10 mai 2016

Vaste plateau côtier d'une vingtaine d'hectares dominant le village de Port-en-Bessin et la mer, ce site archéologique n'avait pas encore fait l'objet d'investigations sur le terrain. Les archéologues sont tentés d'y voir le port du peuple des Baïocasses, chargé de contrôler les flux commerciaux entre le sud de l'Angleterre et la Normandie. Le Mont Castel s'intègre de plus dans un réseau de sites fortifiés formant un système de protection de l'espace unique pour la protohistoire de l'Ouest de la France. 

 les fouilles du Mont Castel à Port-en-Bessin
 
Si une fréquentation du Mont Castel durant la Protohistoire semblait attestée, la nature et la chronologie de cette fréquentation restaient à mettre en évidence. La topographie et les quelques informations disponibles orientent la réflexion vers un site fortifié de hauteur de La Tène finale (de 150-30 avant notre ère), de type oppidum, implanté en un lieu remarquable et éminemment stratégique depuis la fin l'âge du Bronze (1350-800 avant notre ère). 
Une campagne de sondage a été réalisée en 2010, dans un contexte d'urgence suite à la découverte d'un vaste pillage sur le site. Ces tests ont confirmé les premières hypothèses : le site est occupé durant l'âge du Bronze final puis voit la construction de fortifications à l'extrême fin de l'âge du Fer. Durant ces sondages, de l'armement romain a été mis au jour (bouterolle de glaive, trait de baliste ou de scorpion, balles de fronde en plomb...).

Après la conquête... avant la romanisation

La période entre la fin de l'indépendance gauloise et le début de la romanisation -soit entre 52 et 24 avant notre ère - est une période obscure pour les historiens et archéologues, les sources historiques n'apportant que des renseignements flous ou indirects sur la situation politique et sociale. L'année 52 et la défaite d'Alésia n'ont marqué ni la fin de la guerre contre Rome ni la romanisation immédiate de la société celtique. Le fond de la culture matérielle et spirituelle de la Gaule demeure essentiellement indigène jusqu'à l'époque augustéenne. 
Après l'ultime bataille de la guerre des Gaules à Uxellodunum, la situation n'est pas entièrement sous contrôle romain. Aussi César répartit ses légions dans toutes les régions de la Gaule et hiverne lui-même à Nemetocena (Arras ?) durant l'hiver 51-50. La Gaule est épuisée, instable et probablement en proie à des règlements de comptes internes nécessitant la présence d'une armée d'occupation. 
La découverte de militaria tardo-républicain sur le Mont Castel constitue un fait nouveau pour l'ouest de la France et renvoie à une situation que l'archéologie commence à mettre en évidence sur les grands oppida de Gaule du nord et du centre-est. Elle accrédite l'hypothèse considérant que les premiers camps militaires romains se sont implantés sur les oppida à la fin de la conquête avant d'être déplacés à l'écart de ces noyaux urbains dès la période augustéenne. 
Pilotage scientifique : Responsable de la fouille Cyril Marcigny, Inrap, UMR 6566, Université Rennes 2 
Responsable du Programme collectif de recherche (PCR) Jean-Paul Guillaumet, UMR 6298, Université de Bourgogne, Bibracte 
Pierre Giraud, Conseil général du Calvados, Service Archéologie 
Anthony Lefort, Inrap, UMR 5594, Université de Bourgogne, CNRS
Contact(s) :
Mahaut Tyrrell
chargée de communication médias
Inrap, service partenariats et relations médias
01 40 08 80 24
%20mahaut.tyrrell [at] inrap.fr