Une équipe de l'Inrap a récemment fouillé une partie de la nécropole gallo-romaine d'Evreux, l'antique Mediolanum Aulercorum. Sur le terrain, 134 sépultures datées du IIIe siècle de notre ère ont été dégagées entre octobre 2006 et juin 2007. Cette fouille a été l'occasion de mettre au jour les vestiges d'une pratique funéraire inconnue en Gaule romaine.

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016
De nombreux défunts adultes sont inhumés dans des positions atypiques : plusieurs d'entre eux sont, sur le ventre. Le second élément exceptionnel de cette nécropole est le dépôt de quartiers de chevaux dans la plupart des sépultures, le plus souvent des crânes ou des rachis. Le vestige le plus singulier est celui d'un adulte dont la tête est enserrée par deux crânes de chevaux.
Les archéologues émettent l'hypothèse de deux populations particulières, une corporation d'équarisseurs et un groupe d'indigents.

Une découverte fortuite

La fouille achevée, les travaux d'aménagement d'un pavillon ont débuté. Hors de l'emprise de la fouille, inséré dans une coupe stratigraphique, est apparu un cercueil de plomb. Le service régional de l'archéologie a émis une déclaration de découverte fortuite et a demandé aux archéologues de l'Inrap de prélever le cercueil à des fins conservatoires.

Une riche gallo-romaine

Une moitié du cercueil a été détruite par les engins mécaniques lors du terrassement. Ceci explique l'absence quasi totale du crâne, du tronc et des membres supérieurs du défunt. Les parties intactes sont en excellent état de conservation (cercueil, squelette et mobilier).
La cuve du cercueil est réalisée d'une feuille de plomb repliée sur elle-même. Au fond, sous le bassin, une ouverture est destinée à l'évacuation des jus de décomposition du cadavre, une femme adulte (30/40 ans).
S'ils ne sont pas exceptionnels, les sarcophages de plomb gallo-romains sont réservés à une certaine élite. La sépulture de cette femme riche apparaît comme une intruse parmi celles des groupes d'indigents et d'équarisseurs.
A l'intérieur du sarcophage, les dépôts funéraires confirment cette richesse. Hormis des monnaies, la dépouille était enveloppée de différents tissus mais aussi de fourrure. De la pourpre surtout avait été répandue dans la cuve lors des funérailles. La présence de pourpre, issue du Murex trunsculus, gastéropode marin, est ici surprenante. Des prélèvements seront prochainement analysés pour en déterminer la composition précise. D'autres analyses sont actuellement en cours sur des résidus organiques anhydres et les insectes nécrophages.
Aménagement : privé
Contrôle scientifique : Service régional d'archéologie (Drac Haute Normandie)
Responsable scientifique : Sylvie Pluton, Inrap
Contact(s) :

Mahaut Tyrrell
chargée de communication médias
Inrap, direction du développement culturel et de la communication
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