La fouille de La Mourre à Mauguio, site révélé lors d’un diagnostic de 2013, a concerné un ensemble de foyers à galets chauffés néolithiques installé en bordure d’un ancien bras de rivière, côté rive droite de l’actuel ru de La Jasse.  

Chronique de site
Dernière modification
23 août 2017

Ces structures sont réparties dans deux petites zones de décapage.

Zone 1

D’une surface de 1 000 m2, la première zone est celle située le plus au nord de l’emprise du chantier de la LGV. Elle révèle une batterie de six foyers : quatre structures quadrangulaires positionnées en chapelet sont creusées parallèlement à deux grandes structures oblongues, dont la plus longue atteint 11,5 m.  

La fouille de ces fosses et les résultats micromorphologiques (issus de l’étude microscopique des sols et des sédiments) ont révélé la présence d’une couche de préparation au fond de chaque fosse. Juste au-dessus apparaît une épaisse couche charbonneuse, constituée de gros morceaux de bois calcinés trahissant une combustion en atmosphère « réductrice ». Enfin, un épais lit de galets chauffés mais jamais éclatés comble chaque fosse. Toutes ces structures fonctionnent selon la technique de chauffe indirecte par rémanence, encore appelée chauffe « par en dessous ».  

Lors de la phase de diagnostic, deux datations par le radiocarbone (14C) ont été effectuées à partir d’un échantillon de charbon de bois (bruyère) prélevé à la base du comblement de chaque foyer allongé. Elles ont livré deux fourchettes chronologiques comprises entre 4040 et 3960 avant notre ère pour le premier prélèvement et 4050 et 3970 avant notre ère pour le second, c’est-à-dire correspondant au Néolithique moyen.  

Zone 2

Quelques mètres plus en aval, la zone 2 a été décapée sur une surface de 700 m2. Elle comporte cinq petits foyers circulaires ou ovales, dont le diamètre n’excède pas 1,5 m.  

Contrairement aux foyers de la zone 1, ces derniers fonctionnent selon le principe de chauffe « par dessus ». En effet, la base du foyer est constituée de petits galets posés à même le sol naturel sur lequel était installé le feu. Quelques rares éléments charbonneux sont encore visibles à la surface de ce petit aménagement.  

C’est à partir d’un de ces charbons qu’une datation par le radiocarbone a été effectuée sur l’un des foyers, lors de la phase de diagnostic. Le résultat situe son fonctionnement sur une fourchette chronologique comprise entre 4930 à 4780 avant notre ère, c’est-à-dire correspondant au Néolithique ancien.  

Toutes ces structures ont été fouillées exhaustivement. Elles ont fait l’objet de nombreux prélèvements destinés à être analysés par des spécialistes de diverses disciplines : anthracologie (étude des charbons de bois), carpologie (étude des fruits et des graines), chimie organique, micromorphologie… Les résultats permettront d’orienter la réflexion sur la fonction principale de ces foyers et de préciser certains processus liés à leur mise en place, à leur fonctionnement et à leur abandon.