Le site du Lycée Ozenne se situe à l'emplacement de bâtiments appartenant au quartier canonial de l'abbaye Saint-Sernin. À la fin du Moyen Âge, le chapitre avait choisi de diviser verger en dehors de la clôture monastique en un îlot urbain destiné à des maisons individuelles. 

Chronique de site
Dernière modification
22 novembre 2016

Parmi elles, la maison du chantre côtoyait le bâtiment de la Maîtrise (ou chantrerie) où résidaient les enfants de chœur. Avant cette mutation, le verger servait également de zone à fosses-dépotoirs pour les déchets domestiques.

Maison individuelle et habitat collectif

La maison canoniale du chantre ne se distingue guère des autres à l’exception de sa proximité immédiate avec la chantrerie-Maîtrise. La construction à un étage apparaît modeste, les murs principaux en terre banchée et les cloisons en colombage sur solins de briques. Cependant, les aménagements internes sont nombreux et témoignent d'un confort évident. Dans un deuxième état, au début du XVIe siècle, la salle principale possède un sol de plancher et une cheminée. Un puits et des latrines intérieurs complètent les équipements.
La maison de la Maîtrise, où enseigne le chantre puis le maître de musique, est une construction très comparable à une maison canoniale, bien qu’une dizaine de personnes y soient logées durant l’Époque moderne. 

Sur les 120 m2 environ de surface en rez-de-chaussée, 73 correspondent à des pièces en sous-sol. À l’exception de l’entrée, l’organisation intérieure du bâtiment du XVIe siècle reste encore celle du XVe siècle. Le rez-de-chaussée est dévolu aux fonctions domestiques. L’unique étage est réservé aux chambres et à un cabinet de travail, cités aux XVIe et XVIIe siècles. Un préau qui abritait une cheminée et des latrines de grande capacité est situé non loin de l’entrée du bâtiment. Ces équipements complémentaires caractérisent une occupation collective. La cheminée s’intègre au corps principal lorsque le préau disparaît, vers 1480-1500.
 

Equipements et alimentation

Avec une superficie d’environ 480 m2, le jardin extérieur se compose de deux parties distinctes : la cour ou basse-cour devant la façade méridionale, le jardin proprement dit à l’ouest du bâtiment. La cour donne accès au puits et sur la ruelle de la chanoinie par un porche d’entrée. Le jardin potager explique sans doute les apports successifs de terre limoneuse riche en matières organiques constatés sur site, et la présence d’un jardinier de métier cité au XVIIe siècle.

Du point de vue de l'alimentation,les archives ne font part que des réserves de vin, de céréales et de légumineuses. Ce régime est pourtant complété d'une alimentation carnée puisque les restes archéologiques témoignent d'une grande variété d'approvisionnement. La présence de restes d'oiseaux d'apparat (dindon, paon, perdrix, vanneau huppé) comme la vaisselle de qualité correspondent sans doute au régime particulier du Maître de musique. Parmi eux, Bernard Aymable Dupuy, maître de musique de Saint-Sernin du XVIIIe siècle dont les œuvres sont encore joué aujourd'hui, a probablement connu la Maîtrise telle que l'archéologie a pu la redécouvrir.