En 2009, un diagnostic archéologique mené préalablement à la construction du canal Seine-Nord Europe sur la commune d'Hermies (Pas-de-Calais) avait identifié des vestiges du haut Moyen Âge (Ve-Xe siècles).

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

La fouille prescrite a porté sur une superficie totale d'environ 4 hectares, au lieu-dit La Plaine de Neuville, sur un plateau étroit orienté sud-nord qui domine une série de vallées sèches d'une vingtaine de mètres de large.
L'ouverture de cette zone a permis de mettre au jour une implantation assez lâche du haut Moyen Âge, qui avait déjà été partiellement observée lors du diagnostic. Cette occupation comporte principalement des fonds de cabanes, constructions à vocation utilitaire au sein de l'exploitation, qui peuvent aussi bien être dédiés à l'artisanat qu'au stockage ou encore à la stabulation de petits animaux.

Des fonds de cabane du Moyen Âge...

À Hermies, les fonds de cabane sont principalement fondés sur des ossatures à six poteaux : deux pour supporter la poutre faîtière et un poteau dans chaque angle de la structure, formant un cadre pour l'élévation de murs en torchis (mélange de terre et de paille sur clayonnage en bois). Toutefois, certains présentent une structure plus simple, constituées uniquement des deux poteaux axiaux pour le maintien de la poutre. Quelques silos excavés (stockage de céréales et autres denrées végétales) de faible contenance ainsi que quelques structures de combustion sont également présents.
Dans l'état des études en cours, la période d'occupation du site semble s'étendre du VIIe au IXe siècle.

... et des parcelles romaines tombées en désuétude

L'intérêt de la fouille tient également au fait que cette occupation du haut Moyen Âge s'implante dans un paysage déjà anciennement occupé par les hommes. Les cabanes médiévales sont en effet installées dans les limites de parcelles gallo-romaines, globalement orientées est-ouest. Elles pourraient elles-mêmes n'être que la reprise ou l'extension d'un tracé fossoyé antérieur, daté de la période gauloise. Les limites de cette occupation ont été appréhendées sur ses faces nord, sud et est, et aucun bâtiment contemporain ne peut lui être associé.
À l'époque de la construction des premières cabanes, cette division de l'espace semble être tombée en désuétude. En témoignent de grandes fosses ponctuellement en eau, qui indiquent certainement le prélèvement de matière première à des fins architecturales, et dont le comblement semble assez lent. L'occupation gallo-romaine doit toutefois être encore perceptible dans le paysage, puisque les populations alto-médiévales s'implantent selon un axe globalement nord-sud, préalablement défini par le petit coté de l'enclos gallo-romain.

Thierry Marcy