A Blénod-lès-Pont-à-Mousson, Meurthe-et-Moselle, le diagnostic archéologique réalisé sur la zone de stockage n° 14 de la LGV Est européenne a permis d'appréhender un secteur de la plaine alluviale de la Moselle sur le finage de la commune de Pont-à-Mousson.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

L'opération a porté sur une superficie de 7,5 ha avec la réalisation de cent soixante-quatre tranchées.

Les résultats de l'opération révèlent l'absence d'anciens chenaux de la Moselle sur la zone sondée et la présence d'un indice d'occupation du Néolithique final. Cette trace correspond à une structure circulaire isolée qui présente les caractéristiques d'un silo. Les comparaisons établies sur le plan régional confirment cette interprétation, mais évoquent aussi la possibilité d'une structure de combustion. La présence de grains carbonisés dans la partie supérieure du remplissage confirmerait la première hypothèse. L'analyse carpologique en cours sur la détermination des paléosemences permettra d'intégrer le résultat aux études archéobotaniques régionales.

Le mobilier peu discriminant avec l'absence de pièces lithiques brutes ou façonnées et la présence de formes céramiques peu significatives permet d'attribuer les quelques éléments exploitables au groupe Cordé du Néolithique final, sous réserve d'une éventuelle attribution campaniforme. En effet, les recherches actuelles tendent à poser de nouveaux jalons pour la chronologie du Campaniforme ancien. L'analyse isotopique à 2 sigma effectuée sur un lot de charbons donne l'intervalle 2884-2584 av. n.è. comme tranche chronologique probable d'attribution de l'échantillon. Ce résultat est en phase avec le Néolithique final.

Sur le plan régional, l'exemple du site de Pont-à-Mousson aborde de nouveau le cas des gisements de la transition Néolithique final/Campaniforme qui se singularisent par la rareté des habitats structurés. Les témoins de ces occupations sont le plus souvent caractérisés par des faits archéologiques isolés relatifs à des fosses sépulcrales et à des structures excavées de type silo ou foyer. Pour les études à venir, il reste à apprécier si cet état est lié à l'insuffisance de données archéologiques ou si un changement des formes de l'habitat intervient.