A Mérignies, Nord, le diagnostic archéologique, réalisé en tranchées continues de 45 ha (avec ouverture à 10,7 %), correspond à la troisième tranche de sondages archéologiques sur le Domaine du Golf de la Pévèle à Mérignies.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le premier diagnostic, de 54 ha, mené en septembre 2005, avait mis en évidence un habitat gallo-romain de type exploitation agricole dont l'occupation est antérieure à l'époque flavienne jusqu'à la première moitié du IIe s. de notre ère. Le second diagnostic, de 37 ha, effectué en février 2006, avait montré une villa gallo-romaine occupée du Ier s. jusqu'au Bas-Empire.


Les tranchées ouvertes cette année ont pu compléter le plan de la villa repérée l'année dernière et en préciser l'organisation. Il s'agit d'une grande villa du type classique du Nord de la Gaule, c'est-à-dire un établissement à plan rectangulaire divisé en deux parties (pars urbana et pars rustica) par un muret au centre duquel se trouve un petit bâtiment-porche. Les dimensions de cette villa permettent sans aucun doute de la classer dans la catégorie des grandes villae du Nord de la Gaule. En effet, les premières données du diagnostic permettent d'avancer les dimensions de 175 m de large pour plus de 400 m de long. Une fouille de ce grand établissement devrait mettre en évidence plusieurs phases d'occupation et de réaménagement, comme le suggère l'emploi de matériaux divers pour les fondations en dur comme la craie, les rognons de silex, les tuiles récupérées et les matériaux locaux - calcaire primaire et grès de Pève (de Mons-en-Pévèle).

Dans la pars urbana qui est, à ce stade de l'étude, estimée à 1,75 ha (175 m pour 100 m), on peut distinguer une concentration de fondations en dur (A, B, C, E, H, J) faites de matériaux variés (craie, tuiles, grès de Pève ou silex) correspondant certainement à des états différents de l'habitation du maître. Près du fossé de limite sud, un alignement de poteaux rectangulaires avec calage de tuile suggère une galerie couverte.

Le grand fossé de séparation des deux zones de la villa est comblé de tuiles et présente dans l'axe médian de ce grand ensemble, un bâtiment de plus de 5 m de côté qui marque l'entrée en porche de la partie résidentielle (F). Un autre petit bâtiment plus au sud (D), également associé à ce fossé de limite, pourrait faire partie d'un premier état.
 
La pars rustica est caractérisée par une grande cour allongée de plus de 5,6 ha (175 m pour 325 m). Les bâtiments, pour la plupart en structure légère (poteaux et torchis), s'organisent au long des grands côtés laissant au centre un espace vide de construction. Sur le côté nord, un bâtiment de 27 x 19 m a été en partie dégagé (I), il présente des fondations en craie et correspond certainement à la maison du villicus (intendant). Plusieurs phases de construction semblent déjà se dégager à la lecture du plan et il est fort probable qu'il dispose d'une cave.

La partie sud-est de la villa n'a pu être explorée suffisamment lors du diagnostic pour en donner des limites précises. Néanmoins, il semble que le peu d'indices trouvés dans la dernière tranchée faite dans ce secteur indique la fin de cet ensemble.

Ce type classique de grandes villae est plus connu par les photos aériennes et leurs diverses reconstitutions que par les fouilles exhaustives qui, même à la faveur des grands travaux de ces dernières années, demeurent rares.