L’Inrap intervient en milieu urbain comme en milieu rural, dans le cadre de grands travaux ou de construction de lotissement, sur terre et en mer… avec tout type d’aménageurs.

Mis à jour le
09 juin 2016

Grands travaux : archéologie ferroviaire et autoroutière

Aménageurs : Oc’Via Construction dans le cadre de son partenariat avec Réseau ferré de France, et VINCI Autoroutes
Projets : construction de la ligne à grande vitesse Nîmes-Montpellier par Oc’Via, et déplacement de l’autoroute A9 par VINCI Autoroutes.
Lieu : le long du tracé, de Nîmes à Montpellier

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Ouvrage du franchissement du salaison de Mauguio. Contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier)..

©  Oc’Via.Y.Brossard

Les équipes de l’Inrap ont travaillé simultanément avec deux aménageurs dont les projets, distincts, se chevauchaient dans le temps et l’espace. Le dialogue avec les aménageurs a été constant tout au long des travaux, pour échanger sur les contraintes de chacun, fixer des objectifs et convenir d’un planning commun, les activités des trois parties prenantes étant très imbriquées les unes dans les autres. Pour ces projets, l’institut a mobilisé une quarantaine d’archéologues auxquels se sont ajoutés une cellule de coordination ainsi que des spécialistes de géomorphologie, topographie, céramologie, archéobotanique, archéozoologie… afin de réaliser des fouilles sur une surface de 690 ha. Pour optimiser les délais, les chantiers ferroviaire, autoroutier et archéologique ont été engagés en coactivité, ce qui a notamment permis de mettre en commun les objectifs de sécurité. L’Inrap a dû faire preuve d’une grande réactivité et d’organisation pour faire concorder les délais de chacun des projets et adapter constamment son planning afin qu’aménageurs et archéologues puissent travailler dans les meilleures conditions.

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Fouille de l'aire d'ensilage du village de Saint-Gilles-de-Missignac, utilisée entre les VIIe et XIIIe s., Aimargues (Gard), 2012.

© Yannick Brossard, Inrap

Autoroute

Aménageur : APRR-AREA
Projet : construction d’un nouveau barreau autoroutier, l’A466, et élargissement de l’A46 avec création de deux zones de compensation des crues.
Lieu : département du Rhône

Témoignage de Philippe de Béchevel, responsable expertise et contrôle, APRR-AREA

« Il était primordial que les fouilles soient achevées le plus tôt possible car nous avions besoin des remblais des futures zones de compensation de crues pour démarrer nos propres travaux. Nous les avons confiées à l’Inrap car nous voulions traiter avec un opérateur disposant de suffisamment de moyens et d’effectifs pour tenir les délais. La concertation avec l’institut a permis que tout se déroule au mieux et dans le planning prévu. Les équipes de l’Inrap comprennent nos contraintes. De plus, les archéologues connaissent très bien leur métier et ont une grande compétence dans la conduite de travaux, y compris dans des conditions extrêmes, compliquées ou délicates. Ils ont du « répondant » et nous apprécions, c’est de cette façon que nous aimons travailler ».

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Quincieux avant l’autoroute, 50 000 ans d’histoire en bord de Saône. Les sondages profonds, réalisés à la pelle mécanique sur le site des Forgettes.

© Philippe Alix, Inrap

Grands travaux, gabarit hors norme

Aménageur : Voies navigables de France - VNF
Projet : aménagement du Canal Seine Nord Europe
Lieu : le long du tracé, dans le Nord de la France, soit 25 millions de m2

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Diagnostics archéologiques à Marquion (Pas-de-Calais), sur le tracé du canal Seine-Nord Europe, 2009.

© Denis Gliksman, Inrap

L’aménagement du canal Seine-Nord Europe a conduit les archéologues de l’Inrap à adopter un mode d’intervention particulier, avec la mise œuvre de moyens techniques très importants adaptés à la nature « hors norme » du projet, l’un des plus grands chantiers archéologiques d’Europe. Les principales difficultés étaient les suivantes : la longueur du tracé (106 km), sa largeur, équivalente à trois autoroutes, la profondeur de l’ouvrage, certaines zones devant être excavées sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur, et l’ampleur des aménagements annexes (plates-formes multimodales et bassins réservoirs de 80 à 150 hectares). Une coordination scientifique et technique efficace a permis de répondre rapidement aux besoins d’expertise, d’innovation méthodologique et de sécurité : plus de 150 scientifiques sont venus des quatre coins de France et d’Europe, dont une centaine d’archéologues. Parmi les défis qu’a dû relever l’Inrap outre l’aspect gigantesque du projet, la présence d’importants dépôts de munitions liées à la guerre de 1914-1918 – ce qui a conduit l’institut à faire appel au service de déminage de la Somme pour sensibiliser les archéologues –… et les restes de corps ensevelis et grêlés de shrapnell, ou encore des côtes retrouvées pêle-mêle dans des éclats d’obus… 

Le nombre de sondages en puits et la profondeur des excavations ont rapidement posé le problème de la sécurisation des zones de travail. C’est ainsi qu’ont été créés pour l’occasion des balcons passerelles à pieds télescopiques débordants.

Complétant les observations de terrain, l’approche géophysique permet de caractériser le sol ou certaines structures archéologiques par le biais de leurs propriétés magnétiques. 

Un système d’information particulier a été mis en place afin d’optimiser tant l’acquisition que l’exploitation des données : les archéologues ont utilisé des tablettes PC durcies. Initialement conçu pour un usage militaire, ce type de matériel est très robuste et adapté aux conditions extérieures (résistance à l’humidité, à la poussière, aux chocs, aux températures extrêmes, etc.).

Une modélisation du terrain en trois dimensions 
Le travail microtopographique consiste à effectuer des relevés de précision centimétrique au GPS puis à élaborer des représentations graphiques. Ce processus méthodologique permet d’observer et de comprendre les reliefs invisibles à l’œil nu, en creux ou en élévation, grâce à un maillage de points permettant la modélisation et l’analyse de la surface du terrain en trois dimensions. 

ZAC

Co-aménageurs : Nexity Foncier Conseil et le Groupe Giboire.
Projet : aménagement d’une ZAC
Lieu : Chateaugiron

Témoignage de Michel Mercier, chargé d’opérations d’aménagement chez Nexity Foncier Conseil :

« Dès la prescription des fouilles, très importante en termes de superficie comme de durée, nous avons mis en place une stratégie commune avec l’Inrap, qui a phasé son opération de façon à libérer rapidement une première tranche. La contrainte des fouilles a été forte pour nous, puisque nous avons travaillé en coactivité, mais la qualité des rapports avec les archéologues a permis de surmonter les obstacles. (…) Les recherches ont révélé une succession d’occupations sur le site, de la période gauloise au haut Moyen Âge, durant lesquelles certains principes d’aménagement, ont perduré (tracés des voies, des cheminements piétonniers…). Ceux-ci vont être présentés par la responsable scientifique de l’Inrap à l’équipe de maîtrise d’œuvre – paysagistes, architectes – avant que soit lancée la phase finale du plan de composition d’urbanisme. Ainsi, l’organisation ancienne pourra-t-elle être prise en compte, autant que possible, dans la composition contemporaine ».

Subaquatique, maritime

Aménageur : conseil régional de La Réunion
Projet : construction de la nouvelle route du littoral reliant St Denis à la Possession
Lieu : Île de La Réunion

L’Inrap a réalisé un diagnostic sous-marin sur plus de 100 ha en mobilisant plus de 10 archéologues plongeurs. L’équipe a utilisé un navire appartenant à la collectivité des Terres Australes et Antarctiques françaises (TAAF) et géré par l’Ecole d’apprentissage maritime de La Réunion. Le navire, hauturier (de haute-mer), a été aménagé pour assurer les opérations scientifiques dans les îles subantarctiques. Pour cette opération, des techniques géophysiques, très opératoires dans le domaine maritime, ont été utilisées afin de sélectionner les cibles à diagnostiquer : plus de 4000 ont été détectées ; 77 ont fait l’objet d’une investigation au moyen d’appareils de positionnement utilisés habituellement dans l’industrie et le secteur militaire. Ces appareils, utilisés pour l’une des premières fois en Europe, ont permis d’optimiser les temps de plongée et la qualité des recherches. Cette opération présentait plusieurs difficultés, notamment le déploiement à plus de 9000 km de la métropole de plus de 2 t de matériel dans des délais extrêmement contraints. Les équipes ont également dû trouver des solutions pour gérer les opérations malgré les perturbations lourdes engendrées par le passage de baleines et de requins.

Carriers

Aménageur : carrières Saint-Christophe
Lieu : Pont-sur-Seine (Aube)

Témoignage de Michel Zigoni, chef d’agence des carrières Saint-Christophe

« En vingt ans, j’ai vu évoluer à la fois les prescriptions et les méthodes : les recherches sont aujourd’hui beaucoup plus rationnelles, je dirais presque qu’elles se sont industrialisées. Les archéologues savent ce qu’ils cherchent, où et comment chercher. Je suis adhérent de l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de constructions (Unicem). Ce syndicat organise régulièrement des réunions entre les carriers de la région, la direction régionale des Affaires culturelles, qui prescrit les diagnostics et les fouilles, et le directeur interrégional de l’Inrap. Une fois par trimestre environ, nous essayons ainsi de planifier ensemble les opérations archéologiques à venir sur nos sites, en tenant compte de nos contraintes d’exploitation ».

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Une équipe d'archéologues de l'Inrap a étudié un site néolithique à Pont-sur-Seine (Aube) sur une surface de 4 hectares en 2009. Le village mis au jour est exceptionnel par la densité de l'occupation, la monumentalité des bâtiments et le caractère inédit de certaines architectures.
Ici, la vue latérale, de biais, des 2 bâtiments monumentaux avec le plus petit (300m2) au premier plan.

© Denis Gliksman, Inrap

Restauration, archéologie du bâti, valorisation

Aménageur : communauté de communes de Cattenom et environs (Moselle)
Michel Paquet, président de la communauté de communes de Cattenom et environs (Moselle)
Projet : restauration et valorisation d’une citadelle du XVIe siècle dans une optique touristique
Lieu : Rodemack

Témoignage de Michel Paquet, président de la communauté de communes de Cattenom et environs (Moselle)

« Je dois dire qu’au départ, la prescription d’une fouille sous les bâtiments actuels ne m’a pas enthousiasmé… Mais lorsque les archéologues ont mis au jour les fondations de bâtiments médiévaux, d’un pont monumental ou encore d’une ancienne porte, mon regard sur leur discipline a changé. Grâce à leur travail, nous allons pouvoir établir un plan précis de l’ancien château du Moyen Âge et reconstituer la chronologie des transformations durant les siècles suivants. (…) Nous avons demandé à l’architecte du projet d’intégrer certains vestiges au niveau de la future entrée, afin qu’ils soient visibles par les visiteurs. De même, nous souhaitons récupérer à terme une partie du mobilier archéologique et l’exposer au public dans l’enceinte de la citadelle. Nos relations avec l’Inrap sont aujourd’hui excellentes. J’ai découvert des chercheurs impliqués, qui se sont même investis dans les visites de chantiers lors des Journées européennes du Patrimoine. Ils ont suscité un grand intérêt auprès de visiteurs venus parfois de loin pour observer les fouilles.