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Mis à jour le
11 mars 2016
Colloque
Archéologie de l'esclavage colonial

Colloque international organisé par l'Inrap, le Comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage, le ministère de la Culture et de la Communication et le musée du quai Branly dans le cadre de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition
Du 9 au 12 mai 2012, Théâtre Claude Lévi-Strauss, musée du quai Branly 75007 Paris

Archéologie de l'esclavage colonial
par Luz Adriana Maya Restrepo, Universidad de los Andes, Bogotá

Les enjeux de l'archéologie de l'esclavage en Colombie sont nombreux. Il faut d'abord tenir compte de la question de l'invisibilité des descendants des Africains dans l'histoire et la culture colombienne aussi bien que dans le développement des sciences sociales et humaines. Dès la fin du XIXe siècle, les élites intellectuelles colombiennes ont accordé une valeur exceptionnelle aux « antiquités indigènes » tout en produisant un racisme scientifique, intellectuel, politique et social envers les héritages africains en Colombie. Ainsi, le développement de l'anthropologie et de l'archéologie colombiennes ont donné la priorité aux recherches relatives au passé préhispanique. Néanmoins, au début des années 1970, commencent à apparaitre les premières publications sur le marronnage des Africains et de leurs descendants pendant la période coloniale. À partir de 1991, le changement de la charte politique - fondé sur les prémisses du multiculturalisme d'État -, donne un nouvel élan aux sciences humaines colombiennes. Commencent alors à surgir des nouvelles demandes à propos de l'histoire sociale et culturelle des Africains et de leurs descendants en Colombie. Cependant, l'archéologie de l'esclavage reste encore un terrain en friche. Tout d'abord parce que les écoles d'anthropologie en Colombie n'ont pas encore inclus le débat afro-colombien dans leurs programmes de formation et moins encore des enseignements sur la problématique spécifique de l'archéologie de l'esclavage. Ensuite, parce qu'une bonne partie de sites susceptibles de faire objet de fouilles se trouvent dans des zones de conflits intenses. À cela, il faudrait ajouter les nouvelles perspectives de la loi de Culture et la plus récente législation sur le patrimoine archéologique de la Nation aussi bien que l'usage que l'État veut faire dudit patrimoine dans ses projets de tourisme culturel et archéologique. En dernier lieu, il reste à souligner l'urgence d'un parcours thématique proprement dit de l'archéologie de l'esclavage en Colombie. Il faudrait y prêter une attention particulière à l'archéologie du marronnage, à celle des complexes miniers et orfèvres afro-colombiens, à l'archéologie de la résistance religieuse, à celle concernant les relations interethniques développées entre les Africains et leurs descendants et les populations indiennes aussi bien qu'à l'archéologie insulaire de l'esclavage dans l'archipel de San Andrés, Providencia et Santa Catalina dans les Caraïbes colombiennes.
Luz Adriana Maya Restrepo est docteur en histoire de l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne (Centre de Recherches africaines). Depuis 1993, elle est enseignante et chercheuse au département d'histoire de l'université des Andes. Ses recherches portent sur les rapports entre histoire, mémoire, identité et patrimoine afro-américains aussi bien en Colombie qu'en Amérique Latine et dans les Caraïbes.

Bibliographie sélective
  • Cartilla Emprendimiento cultural para el desarrollo local, Ministerio de Cultura-Universidad de los Andes, Imprenta nacional, Bogotá, 2011.
  • "Mali, Kongo y Benín. Tres grandes reinos del África occidental conectados con la historia de Colombia", Rutas de Libertad. 500 años de travesía, Ministerio de Cultura, Talleres Javegraf, Bogotá, 2010.
  • "Diásporas africanas en Colombia. Visibilidad e invisibilización de los legados de las culturas del África occidental en tiempos del Bicentenario de la Independencia", Rutas de Libertad. 500 años de travesía, Ministerio de Cultura, Talleres Javegraf, Bogotá, 2010.
  • "Racismo institucional, violencia y políticas culturales. Legados coloniales y políticas de la diferencia en Colombia", Revista Historia Crítica, Edición Especial, 2009.
  • Brujería y reconstrucción de identidades entre los africanos y sus descendientes en la Nueva Granada, siglo XVII, Ministerio de Cultura, Bogotá, 2005.
Durée :
38'57''
Année :
2012