A Marseille, Bouches-du-Rhône, dans le cadre du réaménagement de l'esplanade de la cathédrale de la Major, cette fouille a été réalisée dans le prolongement occidental d'une importante fouille réalisée en 2000 lors du creusement du tunnel de la Major.

Dernière modification
10 mai 2016

Des découvertes plus anciennes documentent également ce secteur essentiel dans l'histoire de Marseille. Lors de la construction de la Nouvelle Major à partir de 1852, le baptistère paléochrétien est dégagé ainsi que plusieurs murs et sols de mosaïques. D'autres panneaux mosaïqués sont découverts en 1994 et son conservés in situ à l'intérieur de la cathédrale romane.

Du VIe siècle avant notre ère à nos jours

La topographie du quartier a été profondément modifiée notamment par les travaux de terrassement du XIXe siècle (percement de l'avenue Schuman et comblement partiel du rivage ancien à l'ouest et l'anse de l'Ourse au nord). À l'origine, deux vallons orientés est-ouest (dont le plus profond est situé dans l'axe de la rue Four-du-Chapitre) façonnaient le paysage.
C'est sur ce terrain accidenté qu'apparaissent les premiers indices d'occupation du VIe siècle avant notre ère mais les traces tangibles d'urbanisation du quartier remontent aux IVe-IIe siècles, avec la création de voies et d'îlots d'habitations. Au Ier siècle de notre ère, l'espace acquiert une vocation publique avec l'édification d'une esplanade, peut-être un forum secondaire. Après une phase d'abandon au cours du IIIe siècle, la mise en place du groupe cathédrale à partir du Ve siècle fait de ce quartier un pôle religieux majeur à Marseille. Il le demeurera jusqu'à nos jours, mais présentera plusieurs modifications dont les plus significatives sont la reconstruction de la cathédrale au XIIe siècle, et enfin l'édification au XIXe siècle de la Nouvelle Major.

Le chantier archéologique de l'esplanade de la Major

La superficie du chantier est d'environ 1200 m² mais une partie de l'emprise ne recèle plus de vestiges car de multiples réseaux contemporains ont détruit les couches archéologiques. Les séquences préservées apparaissent immédiatement sous le goudron et peuvent atteindre, au sud du site, 3 mètres de hauteur. Les phases les plus récentes sont associées à la fonction religieuse du lieu, avec le cimetière paroissial, la chapelle des Pénitents blancs (XVIe siècle) et le bâtiment du Grand Séminaire (XIXe siècle).
Le cimetière médiéval et moderne, bien conservé, regroupe, pour l'essentiel, des tombes en pleine terre mais également des cercueils en bois et des fosses communes. La chapelle des Pénitents, donc l'abside avait été découverte en 2000, a été de nouveau dégagée ainsi que des cloisonnements postérieurs. Une fois la fouille des niveaux du Moyen Âge terminée, la prochaine étape consiste à dégager les constructions d'époque romaine et de l'Antiquité tardive, bien conservées. Plusieurs maçonneries sont déjà apparentées et une mosaïque polychrome apparaît sous le cimetière.