Sous la direction artistique de José-Manuel Gonçalvès, en collaboration avec l’Inrap et les partenaires du projet NEARCH, le CENTQUATRE-PARIS présente, du 13 février au 30 avril 2016, une exposition collective inédite intitulée Matérialité de l’Invisible, l’archéologie des sens.

Dernière modification
09 mars 2016

Cette exposition regroupe des travaux d’artistes en résidence au CENTQUATRE-PARIS dans le cadre du projet européen NEARCH piloté par l’Inrap, tels Agapanthe (Konné & Mulliez), Ali Cherri, Miranda Creswell, Nathalie Joffre et Julie Ramage, ainsi que des installations d’artistes invités : Hicham Berrada, Anish Kapoor, Johann Le Guillerm, Ronny Trocker et les performances d’Adrian Schindler et d’Eric Arnal Burtschy. 
À travers leurs œuvres : sculptures, installations, photographies, vidéos, dessins et performances, ces artistes dressent une cartographie personnelle, mouvante et non exhaustive du rapport de l’Homme à son environnement et à son histoire, en particulier à travers une rencontre provoquée entre art et archéologie. 

L'art et l'archéologie

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Hicham Berrada, Mesk - ellil, 2015
Installation. Ensemble de 7 terrarium en verre teinté, cestrum nocturnum, éclairages horticoles, éclairages clair de lune, temporisateur
250 x 200 x 50 cm chaque

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Photo Fabrice Seixas / Courtesy de l’artiste et kamel Mennour, Paris

L'art et l'archéologie ont en commun de rendre visible ce qui ne l'était pas, ou plus. Dans le cadre du projet européen NEARCH, piloté par l’Inrap et qui vise notamment à développer les liens entre archéologie et art contemporain, le CENTQUATRE-PARIS présente « Matérialité de l’Invisible,  l’archéologie des sens ».
L'exposition réunit des artistes aux univers différents qui ont à cœur de transmettre dans leurs œuvres (sculptures, vidéos, installations...) ces alchimies et ces histoires qui nous échappent et qui pourtant constituent en partie nos existences. Les sculptures, vidéos et installations exposées sont issues de résidences auprès d’archéologues ou de recherches personnelles des artistes. Nourris par la rencontre avec ces spécialistes, Julie Ramage questionne la mémoire individuelle et collective, Ali Cherri interroge le sens du patrimoine, Nathalie Joffre filme et mime l’archéologie, le duo Agapanthe nous parle de conservation, d’usure, de traces tandis que Miranda Creswell s’attache à rendre visible l’évolution de paysages à travers le dessin.

Rencontres entre artistes et archéologues :

Le duo Agapanthe a collaboré avec des archéologues de l’Inrap, Mehdi Belarbi, Pascal Raymond, Mercedes Pion et Thibaud Guiot du centre de recherches archéologiques de l’Inrap de La Courneuve ; Fabrice Casagrande et Thomas Romon du centre de recherches archéologiques de l’Inrap en Guadeloupe. Leurs œuvres « Réserve » et « Amas » sont le résultat de leurs échanges.

Julie Ramage a rencontré et travaillé avec Olivier et Nathalie Royer-Pérez, archéologues à l’Inrap au centre de recherches archéologiques de Pantin. Son travail « Waiting for the Barbarians » composé de photographies, d’un fond sonore et d’un dispositif vidéo interroge les enjeux de l’urbanisation des zones périurbaines et le rôle qu’y joue l’archéologie.

Déchiffrer, comprendre, interpréter

Déchiffrer, comprendre, interpréter : telle est la démarche commune des artistes présentés. En s'appuyant sur le dialogue entre art et science, ils proposent une nouvelle manière de regarder autour de soi. Car si elles sont inspirées de faits passés ou de matières, les œuvres n'en font pas le récit historique, pas plus qu'elles ne restituent un savoir à l'état brut. Au contraire, elles cherchent à suivre leur persistance et leurs transformations dans les mémoires individuelles et collectives. À travers elles, les artistes dressent une cartographie sensible, mouvante et non exhaustive du rapport de l’Homme à son environnement et à son histoire.

La relation de l'Homme à la nature

La relation de l'Homme à la nature est une notion fondamentale dans l'exposition. Elle est présente notamment dans l'installation d'Hicham Berrada, Mesk-ellil, qui inverse le rythme circadien d’une plante à floraison nocturne et nous fait sentir son parfum en journée. L'artiste vient modifier la nature pour nous la révéler de manière encore plus forte. De même, Johann Le Guillerm nous permet de ressentir dans ses sculptures mobiles les mouvements souvent imperceptibles des forces naturelles. D'autres se servent de la matière pour nous parler de la marche du monde. Le duo Agapanthe s'intéresse ainsi de longue date au sucre, aliment au passé chargé symboliquement et politiquement. Ses installations le détournent en une allégorie d'une civilisation qui se condamne à disparaître en surconsommant ce produit à la fois doux et extrêmement nocif.
Fouiller les mémoires ou les sols peut mener à bien des découvertes, y compris celles auxquelles on ne s'attend pas. Les artistes, comme les archéologues, ont coutume de chercher et creuser sans savoir exactement ce qu'ils vont trouver. Et aucune trouvaille n'est définitive, chacune menant à composer et recomposer des histoires et l’Histoire.

Temps forts autour de l'exposition, vendredi 11 et samedi 12 mars 2016

Programme de rencontres avec les artistes 
réservations au 01 53 35 50 00

Vendredi 11 mars
- 14h-19h : Ouverture exceptionnelle de l’exposition « Matérialité de l’Invisible »
- 18h : Conférence d’Eric Arnal-Burtschy autour du projet « Nous sommes le vent  » (35 min env.)
- 19h : Performance « Cette année les commémorations n’auront pas lieu »  d'Adrian Schindler (40 min env.)


Samedi 12 mars
- 15h : Rencontre avec le duo d’artistes d’Agapanthe (30 min env.)
- 16h : Table ronde avec les artistes Julie Ramage, Nathalie Joffre, les archéologues Olivier Royer-Perez, archéologue à l’Inrap, et (sous-réserve) Holly Wright, archéologue au Archaeology Data Service de l’université de York (R.-U.), modération Kai Salas Rossenbach, chef de service des activités internationales de l’Inrap (1h env.)
- 17h : Rencontre avec le duo d’artistes d’Agapanthe (30 min env.)
- 18h : Conférence d’Eric Arnal-Burtschy autour du projet « Nous sommes le vent  » (35 min env.)
- 19h : Performance « Cette année les commémorations n’auront pas lieu » d'Adrian Schindler (40 min env.)
 

NEARCH

NEARCH, projet financé avec le soutien de la Commission européenne (programme Culture), est piloté par l’Inrap et réunit des instituts de recherche, des universités et des institutions culturelles de 11 pays européens. Son objectif est d’explorer et de renforcer les rapports qu’entretiennent les citoyens européens à l’archéologie et à leur patrimoine culturel.