A Marseille, Bouches-du-Rhône, en 1987, lors de l'agrandissement de l'hôtel de Région, une fouille a été réalisée, sur le versant sud du vallon de la Joliette, dans un îlot de forme triangulaire d'une surface d'environ 500 m2.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Elle a notamment révélé, sous les fondations du bâti moderne démoli dans les années 1980, l'existence d'un ouvrage de fortification ou « ravelin », destiné à protéger la porte de l'Annonerie. Depuis l'époque hellénistique, les enceintes de la ville de Marseille se sont succédé sur le flanc méridional du vallon de la Joliette.

Dans la partie sud-ouest du site, la couche géologique apparaît immédiatement sous la surface tandis que, de l'autre côté, les remblais sont très épais. Ce phénomène est la conséquence du comblement partiel du vallon, réalisé pour pouvoir établir la « ville nouvelle » de Marseille décidée par Louis XIV. Cet agrandissement urbain, qui s'étendait de la porte d'Aix à la Préfecture, a permis de doubler la superficie de la ville. Après la construction d'une nouvelle enceinte urbaine, des nouvelles rues, plus larges, furent tracées, soit en tenant compte des anciennes, soit directement à travers ce qui n'était encore que des champs. C'est ainsi que la forme de l'îlot concerné par les fouilles a été créée de toutes pièces à la fin du XVIIe siècle, sans tenir compte des bâtiments qui s'y trouvaient auparavant.

L'opération archéologique a révélé les fondations d'une tour circulaire de 8 m de diamètre, ainsi que deux murs attenants, installés directement dans le sol naturel. Les pierres des murs ayant en grande partie été récupérées, il ne reste que les tranchées des fondations. Les tronçons conservés, d'une épaisseur de 1,10 m, ont été construits avec des blocs irréguliers de calcaire ou de poudingue (roche constituée de débris sédimentaires), liés avec du mortier de chaux.

La tour appartenait à un ouvrage de fortification (bastion) quadrangulaire installé contre le rempart médiéval pour protéger la porte de l'Annonerie. Ce dernier apparaît sur les plans à partir de 1591, mais la date de sa construction n'est pas établie. Pour autant, deux tessons de céramique de la Renaissance florentine (majolique), retrouvés par les archéologues, permettent d'avancer une date au XVIe siècle. Dans le même temps, la fouille a révélé deux niveaux de sol liés à la construction de l'édifice.