A Tours, Indre-et-Loire, à peu de distance des limites ouest supposées de la ville gallo-romaine, hors les murs de la cité médiévale, à deux cents mètres environ au sud-ouest du monastère de Saint-Martin, le secteur dans lequel est implanté l'Hôpital de Clocheville, dans l'enceinte du XVIIe siècle, ne s'est progressivement urbanisé qu'à l'époque moderne.

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016

Cette fouille est la première à révéler un habitat organisé et dense de l'époque gauloise à Tours. De ce fait, elle pose la question des antécédents de la ville gallo-romaine, même si une coupure d'un siècle sépare la fin de cet établissement, daté du IIe siècle avant notre ère, de la création de Caesarodunum au début du Ier siècle de notre ère.

L'habitat enclos de la Protohistoire

L'occupation gauloise (IIe siècle avant notre ère) est surtout caractérisée par la présence de nombreuses structures excavées (fosses dépotoirs, fosses artisanales, fossés, silos et trous de poteau implantés dans les sables alluvionnaires de la Loire) de part et d'autre d'un chemin empierré large de 4 m.
La densité des structures indique la présence d'un habitat groupé d'une certaine importance, et dont la chronologie interne se développe sur une soixantaine d'années entre 180 et 120 (l'expertise dendrochronologique établit une datation à 140 avant notre ère pour l'abattage d'un bois provenant de l'une des structures).
Plus à l'ouest, un grand fossé de 6,50 m de largeur conservée pour un fond plat large de 3,50 m et une profondeur variant entre 2,50 et 3 m comporte une interruption correspondant à une entrée. Il recouvre un fossé antérieur. Deux squelettes humains ont été retrouvés dans la boucle décrite par la terminaison du segment sud du fond du grand fossé.

Un mur du Haut-Empire

Dans la partie ouest, un grand mur gallo-romain a été observé sur 31 m de longueur. Large de 2,33 m, il était composé de deux parements en pierre contenant un remplissage de terre sablonneuse. Il comportait, à des intervalles irréguliers entre 3 et 5 m, des ancrages verticaux de gros poteaux de bois ayant des sections carrées de 0,30 m. Sa construction a été datée de la première moitié du IIe siècle de notre ère par les céramiques écrasées sur le sol entre les deux parements ou prises dans la masse des fondations. C'est l'unique structure du Haut-Empire présente sur le site. À proximité de la ville ouverte du Haut-Empire, elle appartient peut-être à un fortin qui participait de la défense de l'agglomération.

Tombes et habitats

Après la ruine du grand mur gallo-romain, le site est recouvert par une couche de graviers fins provenant de débordements de la Loire.
Dans la seconde moitié du VIIIe siècle, une dizaine d'inhumations en espace libre, dans des coffrages de bois ou des cercueils, prennent place sur le site.
Au IXe siècle, plusieurs fosses reçoivent un mobilier céramique et des ossements d'animaux, caractéristiques des dépotoirs domestiques ; elles témoignent de la présence d'un habitat dépendant vraisemblablement du monastère de Saint-Martin.