Conférences
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Mis à jour le
04 mars 2016
Colloque
Héritages arabo-islamiques dans l'Europe méditerranéenne

Colloque international organisé par l’Institut national de recherches archéologiques préventives,
En partenariat avec Marseille-Provence 2013-Capitale européenne de la culture, le MuCEM et la Villa Méditerranée.
Du 11 au 14 septembre 2013, à Marseille, Villa Méditerranée et MuCEM.

Héritages arabo-islamiques dans l'Europe méditerranéenne - Archéologie, histoire, anthropologie  
par Roland-Pierre Gayraud, CNRS

Succédant à une Mare Nostrum romaine et après une période de morcellement politique, la Méditerranée se présente au VIIe siècle comme un ensemble globalement divisé en trois : au nord, un domaine encore divisé entre Goths et Francs, au nord-est, un empire byzantin qui se réduit inexorablement, et au sud et à l'est, un ensemble nouveau né d'une conquête fulgurante menée au nom de l'Islam. Cet empire musulman qui culminera à la fin du califat omeyyade (750) est le plus grand imperium jamais réalisé : il s'étend de l'Espagne et du Maroc aux confins de la Chine et de la Nubie aux Pyrénées. C'est le dâr al-islâm et "au-dehors" le dâr al-harb, le territoire de la guerre, où toute action guerrière est permise et encouragée. Un monde à conquérir.    
Cette représentation dualiste a longtemps persisté et perdure visiblement encore de nos jours dans l'esprit de certains, de part et d'autre de cette "frontière".
Pour autant les relations entre les deux entités, chrétienne et musulmane, n'ont pas toujours été si belliqueuses, et chacune a apporté à l'autre, au cours d'échanges pérennes, une part de son savoir, de ses techniques ou de son économie. Car les relations basées sur le commerce ont été constantes, bien que plus discrètes que celles établies au cours des diverses razzias ou croisades.    
Le propos est donc d'essayer de se libérer d'une idéologie réductrice, trop défavorable aussi bien que trop complaisante, qui n'a pas sa place dans une recherche de la réalité historique.
Roland-Pierre Gayraud est historien et archéologue, chercheur au Laboratoire d'Archéologie Médiévale et Moderne en Méditerranée (LA3M, Aix Marseille Université).
Né à Marseille, il a fait des études d'histoire, d'histoire de l'art et d'archéologie, ainsi que d'arabe à l'Université d'Aix et à celle de Paris I. Il a soutenu en 1979 une thèse sur fouilles, sous la direction de Gabrielle Démians d'Archimbaud, co-fondatrice de l'archéologie médiévale en France : " La céramique médiévale en Corse d'après les fouilles de Bonifacio".
Ses recherches méditerranéennes l'ont mené tout naturellement à travailler en Orient où il a conduit plusieurs fouilles ou participé à des projets archéologiques à Chypre, en Tunisie, en Syrie et en Égypte.
Depuis 1985 il dirige les fouilles de Fustât, ville qui a précédé celle du Caire. Cette fouille de l'Institut Français d'Archéologie Orientale du Caire, très riche en matériel et en enseignements historiques fait actuellement l'objet d'une étude et d'une publication de son matériel qui devrait déboucher sur l'édition de plus d'une dizaine de volumes. Mais par ailleurs, de nombreux articles ont déjà été publiés depuis le début de ce projet.
Il participe d'autre part à la réunion périodique de congrès internationaux organisés par l'Association Internationale d'Études sur la Céramique Médiévale et Moderne en Méditerranée (AIECM3) et fait partie de son comité international. Le premier congrès a eu lieu à Valbonne en 1978 et le dernier en date et dixième, en 2012 à Silvès au Portugal.
Année :
2013