A Saint-François, Guadeloupe, ce diagnostic a été réalisé en amont de la construction de logements sur un terrain attenant à l'hôtel Kalenda à Saint-François, sur la côte sud de la Grande-Terre.

Chronique de site
Dernière modification
07 avril 2016

Le site est localisé à 100 m du bord de mer et à environ 450 m au nord-est du site archéologique de la Pointe-des-Pies (diagnostic Inrap 2005). Le contexte géomorphologique, ancienne embouchure de ravine, se prête particulièrement à des occupations humaines. Trente quatre sondages mécaniques ont été ouverts, couvrant une surface de 550 m², soit environ 4 % de l'emprise du projet.

Ils ont permis de préciser la configuration géomorphologique de la parcelle diagnostiquée. Sur la moitié ouest et l'angle sud-est du terrain, le substrat calcaire (ou son altération) a été rencontré à moins d'un mètre de profondeur. La partie la plus élevée (angle nord-ouest) a été décaissée très récemment entre 1,50 et 2 m dans le substrat ; elle a très probablement servi de carrière de tuf calcaire. Pour le reste du terrain, une couche d'argiles bleues de 1 m à 4 m d'épaisseur recouvre le substrat. Cette zone argileuse correspond à l'embouchure de la ravine, aujourd'hui détournée, indiquée sur les cartes anciennes et visible sur la photo aérienne de 1948. L'ensemble du terrain a été terrassé et reconfiguré dans les années 1980, au moment de la construction de l'hôtel.
Du matériel archéologique a été trouvé dans les quarante premiers centimètres d'un paléosol dont la partie supérieure est arasée et qui est recouvert par 30 cm de remblai récent. Il est localisé en rive droite de l'ancienne ravine et est conservé sur une surface d'environ 800 m² et de façon plus ponctuelle (zones pièges dans les dépressions du substrat) sur 1 500 m². Il s'agit de matériel céramique et lithique et de rejets alimentaires (restes de coquilles, de crabes et de faune vertébrée) correspondant à un dépotoir amérindien. Le matériel céramique, très fragmentaire et dont l'état des surfaces est médiocre, est attribué à la culture saladoïde moyen, entre 400 et 600 ans après J.-C. Les restes de faune sont bien conservés. Le sédiment renfermant ce mobilier est très argileux et rend la fouille manuelle laborieuse.