Conférences
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Mis à jour le
04 mars 2016
Colloque
L’avenir du passé – Modernité de l’archéologie

Colloque international organisé par le Centre Pompidou et l'Institut national de recherches archéologiques préventives en partenariat avec France Culture, les 23 et 24 novembre 2006

par Joëlle Burnouf et Gérard Chouquer, université Paris I

 
Après 30 ans d'archéologie préventive et d'archéogéographie, nous savons que les héritages construisent notre présent dans des proportions importantes, que les spatiotemporalités ne fonctionnent pas comme Braudel le pensait, que l'habitat, les voies et les parcellaires échappent aux périodisations historiennes et donnent du sens aux héritages. La géographicité des sociétés apparaît au moins aussi importante que leur historicité. L'archéologie et l'archéogéographie racontent comment a été produit notre écoumène, sans réinventer une nature profonde qui serve de référent, et sans prolonger le Quaternaire jusqu'à nos jours. Ce dont il est question, c'est de l'hybridation de plus en plus grande de nos actions avec nos milieux, de nos projets avec nos héritages. Un environnement conçu comme autonome, scientifiquement mal défini, c'est une nouvelle passion identitaire, celle d'une nature qui n'existe plus. Alors que certains quaternarisent et holocénisent l'environnement passé, d'autres annoncent la disparition prochaine du concept. Archéologues et archéogéographes écrivent une histoire des relations que les sociétés ne cessent de nouer avec les milieux géographiques, pour la production d'hybrides de plus en plus enchevêtrés.
Enfin, placer l'archéologie préventive dans les mesures de correction de l'impact environnemental des aménagements contemporains c'est mettre le passé après le présent. Mais l'écoumène se rappelle à nous. Un jour viendra, peut-être, où le choix d'aménagement tiendra un peu mieux compte des héritages et où l'on respectera l'ordre. Ce jour-là, nous aurons cessé d'être caricaturalement modernes.
Joëlle Burnouf est agrégée d'histoire, professeur d'archéologie médiévale à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne, coresponsable avec Anne Bridault de l'équipe «Archéologies environnementales» du CNRS. Archéologue médiéviste, elle travaille sur les relations sociétés-milieux depuis vingt ans.
 
Elle est l'auteur de nombreux ouvrages et articles dont:
- Crise environnementale : des mots et des sources (représentation sociale d'un seuil d'irréversibilité ou enregistrement social des conséquences de l'action des sociétés sur les milieux ?). In: Les séminaires du PEVS-SEDD, sous la direction de C. Beck et Y. Luginbühl, à paraître;
- Fleuves et marais : une histoire au croisement de la nature et de la culture. Sociétés préindustrielles et milieux fluviaux, lacustres et palustres : pratiques sociales et hydrosystèmes, sous la direction de J. Burnouf et P. Leveau, CTHS, 2004;
- La nature des médiévistes, Études rurales, n os 167-168, 2003 ;
 - Des milieux et des hommes : fragments d'histoires croisées, avec T. Muxart, B. Villalba, F.-D. Vivien, Elsevier, 2003.
Gérard Chouquer est agrégé d'histoire, directeur de recherches au CNRS, rédacteur en chef d'Études rurales, membre du comité de rédaction d'Agri Centuriati (Pise, Rome). Spécialiste d'archéogéographie, il conduit un projet de recomposition des objets de l'his-toire des paysages. Il enseigne l'archéogéographie dans les universités de Paris I et de Coimbra. Il est membre du comité d'orientation de la revue Cosmopolitiques.
 
Gérard Chouquer a publié notamment :
- Une autre histoire de l'écoumène. Orientations de recherches pour l'archéogéographie, à paraître début 2007 ;
 - Traité d'archéogéographie, tome I, Théorie de l'archéogéographie, à paraître en 2007;
- Nouveaux chapitres d'histoire du paysage, Études rurales, nos 175-176, 2005;
- Objets en crise, objets recomposés, Études rurales, nos 167-168, 2003;
- L'étude des paysages, Essais sur leurs formes et leur histoire, Errance, 2000.
Année :
2009