L’archéologie préventive a pour objectif d’assurer, sur terre et sous les eaux, la détection et l’étude scientifique des vestiges susceptibles d’être détruits par des travaux liés à l’aménagement du territoire. Les archéologues de l’Inrap interviennent ainsi, sur décision de l’État, pour sauvegarder le patrimoine archéologique.

Mis à jour le
22 février 2016

Chaque année en France, des centaines de kilomètres sont touchés par des travaux d'aménagement du territoire (carrières, terrassements, routes et voies ferrées, bâtiments privés et publics) entraînant la destruction potentielle des vestiges que recèle le sous-sol. L'archéologie préventive, en étudiant environ 20 % de l’ensemble de ces surfaces, permet de « sauvegarder par l'étude » les archives du sol. 

Vues générales du chantier.

Vues générales du chantier.

© Philippe Haut, Inrap

Ainsi, depuis une trentaine d'années, en milieu urbain comme en zone rurale, des milliers de sites ont été fouillés, étudiés, comparés. La somme des informations issues de ces fouilles a profondément enrichi la connaissance du passé.
Cette activité archéologique, dite « de sauvetage » faute d'assise légale jusqu'en 2001, est désormais définie comme « préventive ». En effet, la loi sur l'archéologie préventive du 17 janvier 2001 prévoit l'intervention des archéologues en préalable aux chantiers d'aménagement, afin de réaliser un « diagnostic », et si nécessaire une fouille. L'aménagement du territoire ne se fait donc plus au détriment des vestiges du passé mais permet, au contraire, leur étude approfondie.

Des connaissances nouvelles

Sur le territoire européen, les vestiges sont partout. Ainsi, sur un tracé de ligne TGV, on trouve en moyenne un site au kilomètre. En étudiant les archives du sol, l'archéologie préventive favorise un développement économique raisonné, qui évite la destruction des traces du passé et des connaissances qu'elles permettent d’aborder.

L'étendue des zones étudiées et l'importance des ensembles archéologiques mis au jour ont renouvelé l’approche des périodes paléolithique, néolithique ou des âges des Métaux. Les nombreuses données désormais disponibles, sur la romanisation de la Gaule ou le haut Moyen Âge notamment, apportent souvent un complément précieux aux archives écrites.

Une approche globale des sociétés et des territoires

L'archéologie ne cherche pas de chefs-d'œuvre ou de monuments remarquables. Elle vise à connaître les territoires et les sociétés passés à travers les signes conservés par le sol, depuis les premières traces de présence humaine au Paléolithique, au moins 500 000 ans avant notre ère, jusqu'à nos jours. 

Cette approche globale est fondée sur une étude des techniques, des modes de vie, des relations sociales et politiques, ainsi que des peuplements. Elle permet également de saisir les évolutions du climat, les métamorphoses du paysage et les transformations de la végétation.

Une discipline citoyenne

Étroitement corrélée à l'aménagement du territoire, l'archéologie préventive concerne chaque aménageur, chaque élu, chaque citoyen. En mettant en perspective le particulier et le général, l'histoire locale et l'histoire générale, elle tente de répondre aux interrogations fondamentales de l'Homme sur ses origines, son histoire, ses valeurs. 
Science humaine et sociale, elle révèle l'hétérogénéité des groupes humains qui ont peuplé notre pays, la façon dont ils ont façonné notre paysage, leurs capacités d’intégration et d’innovation, et le substrat culturel commun qui se forme et se transforme au gré du temps.

L’archéologie préventive éclaire également sur la gestion de l'espace, l'évolution de l'urbanisme et de l'environnement, la question des différences ethniques, culturelles ou religieuses. 

Archéologie préventive ou programmée ?

Contrairement à l’archéologie préventive, qui intervient uniquement en amont des travaux d’aménagement du territoire, l’archéologie programmée relève de projets scientifiques indépendants de tels travaux.

Les archéologues de l’Inrap collaborent à des programmes de recherche portés par d’autres institutions, comme l’Université ou le CNRS.

Les chantiers de fouilles archéologiques ouverts aux stagiaires et aux bénévoles

  • Étudiants en archéologie, essentiellement aux niveaux Licence et Master.
  • Étudiants en communication, gestion, ressources humaines…

Pour toute demande de stage sur l’ensemble du territoire national, prendre contact avec la Direction concernée.

Si l’Inrap accueille peu de bénévoles, de nombreux chantiers leur sont ouverts sur le territoire national. Le ministère de la Culture et de la Communication en diffuse la liste chaque année :