À  Aoste, Isère, les sondages ouverts (615,86 m²) représentent 5,9 % de la surface totale de l'emprise de 10 276 m².

Chronique de site
Dernière modification
29 août 2016

La zone sondée (une butte sablo-graveleuse) se situe à la sortie ouest du bourg d'Aoste, en bordure de la route de Granieu, en face de la croix de Normandoz. Ce promontoire correspond vraisemblablement à une ancienne terrasse alluviale entaillée au nord par un paléocours du Guiers ou de la Bièvre.

Il semble, d'après la stratigraphie, qu'au moins deux périodes soient représentées. La plus ancienne, qui ne peut être datée précisément en raison de l'absence de mobilier archéologique, a révélé deux trous de poteau à une profondeur d'1,50 m, sans que l'on puisse dire à quel type de bâtiment ils correspondent ni à quelle période ils remontent (Antiquité ?). Les fosses sont particulièrement importantes (0,50 m de diamètre et 0,70 m de profondeur) et aucune trace de calage n'a été observée (sédiment sableux).

À une vingtaine de mètres au nord de la route de Granieu, un empierrement linéaire (petits blocs calcaires, de galets et par endroits de fragments de tuiles) très hétérogène, observé sur une longueur de 50 m et une largeur d'1,50 m et bordé par un important fossé au sud (0,70 m de largeur), peut peut-être être interprété comme un ancien chemin (antique ou médiéval ?) à la sortie du bourg d'Aoste. Ce dernier est abandonné et recouvert par une couche stratigraphique (US 2) qui correspond à l'occupation médiévale du secteur. L'occupation sus-jacente est datée du XVe s. apr. J.-C., d'après les données céramologiques.

La zone sud de l'emprise a livré, entre 0,25 m et 0,80 m de profondeur, plusieurs fosses et les restes d'un petit foyer, pris dans un niveau comprenant de nombreux indices (tessons, fragments de tuiles). Les éléments mobiliers, découverts sur plus d'1 m d'épaisseur dans l'US 2, semblent traduire une déstabilisation du versant en amont à cette époque. L'une des structures, correspondant aux restes d'un dépotoir de four (ST. 3), a été en partie fouillée. Il s'agit d'une fosse ovoïde remplie d'une terre sablo-limoneuse brun clair comprenant des nodules de terre cuite indéterminés, des galets, de rares graviers et des charbons de bois. Le mobilier issu de la structure est particulièrement abondant : carreaux de poêle en terre cuite, accessoires de fabrication et vaisselle domestique. Il faut également signaler la présence de très nombreux fragments de terre cuite ou rubéfiée et également plusieurs gros fragments qui pourraient être des parois de fours.

Les structures mises au jour permettent d'étayer l'image selon laquelle le site est situé à proximité d'une officine de potier de la fin du Moyen Âge. Cet ensemble, unique dans notre région, constitue à ce jour l'exemple le plus méridional de production de carreaux de poêles à glaçure plombifère (trois types ont été identifiés). Il convient également d'émettre la possibilité que cette production particulière soit associée à de la vaisselle domestique. En effet, les diverses céramiques découvertes dans les structures du site témoignent plutôt de déchets ou de rebuts de fabrication que d'objets de consommation (surcuits, tessons déformés ou présentant de forts chocs thermiques). De plus, il faut noter que les mêmes formes se retrouvent dans le niveau et dans les fosses. Cette hypothèse peut être également confirmée par la présence de fragments de terre cuite rubéfiée, de parois de fours et par quelques pains d'argile cuite (?) retrouvés avec les céramiques et les carreaux. Enfin, les petits godets ou creusets en céramique claire grossière semblent avoir été également fabriqués avec les autres produits pour être utilisés par les potiers.