Colloque international organisé par le Centre Pompidou et l'Institut national de recherches archéologiques préventives en partenariat avec France Culture, les 23 et 24 novembre 2006

Dernière modification
10 mars 2017

 L’interrogation sur les origines est sans doute aussi ancienne que l’humanité, au point que l’on pourrait penser qu’elle la constitue en propre. Depuis les plus anciennes mythologies jusqu’à l’archéologie la plus moderne, cette interrogation est la trame des modalités successives du rapport de l’humanité à elle-même. Et, dès l’Antiquité, on tente d’asseoir l’ autorité des mythes sur des vestiges matériels, tandis que s’élaborent les méthodes des premiers historiens. L’ établissement de l’archéologie par les sociétés modernes a donné à cette quête des formes, des co n tenus et des finalités d’un autre ord re, à vocation universelle.
D’emblée, l’archéologie a occupé une place stratégique dans le programme de la Renaissance puis des Lumières en restituant à l’Europe son passé gréco - romain et en contestant les dogmes religieux qui fixaient jusqu’alors la naissance et la chronologie de l’humanité. C’est ainsi qu’émergent au XIXe siècle, concurremment avec les travaux de Charles Darwin, la notion d’évolution et celle d’une très ancienne préhistoire de l’homme. Dans le même temps, à l’instar de l’histoire, l’archéologie joue un rôle essentiel dans la construction des identités nationales, y compris dans ses détournements ou ses falsifications.
Aujourd’hui, la construction du savoir archéologique se poursuit à travers l’enrichissement des connaissances, la remise en cause des hypothèses, la prise en compte de la complexité du réel. Au cours des dernières décennies, l’archéologie préventive a permis la sauvegarde d’innombrables vestiges touchés par les tra vaux d’aménagement. Elle fournit désormais
l’essentiel des données nouvelles et connaît un élargissement sans précédent de ses domaines d’investigation. Elle revisite l’histoire matérielle en réduisant la place des erreurs manifestes, des clichés ou des formules réductrices qui écrasent la complexité à l’origine du genre humain. En stimulant la relecture inlassable du passé par lequel l’homme projette de nouveaux horizons depuis la très longue durée jusqu’à nos jours, l’archéologie donne à l’homme des outils précieux pour échapper à la dictature du présent et tisser les nouveaux motifs de son devenir.
Quels sont les apports de l’archéologie aux interrogations les plus récentes sur la trajectoire de l’humanité, son évolution biologique et cognitive, ses relations à l’environnement,l’histoire de ses techniques de production comme de destruction? Comment se nouent les liens entre l’archéologie et les autres disciplines ? L’archéologie offre-t-elle des outils pour renouveler la réflexion sur les notions de communauté et de territoire? Peut-elle éclairer
la réflexion sur les catégories de peuple et de Nation? Permet-elle de mieux appréhender les passions nationalistes et les intégrismes ? Quelle peut être la contribution de la connaissance des sociétés anciennes à la vie dans la Cité ?
Ce colloque international convie philosophes, historiens, sociologues, psychanalystes, anthropologues, archéologues… à examiner les différents aspects de cette relation de l’homme à son passé et permet de souligner les enjeux contemporains de l’archéologie. 

Pour visionner les vidéos, cliquez sur les interventions.

Jeudi 23 novembre 2006

Connaître la trajectoire de l'humanité

Président de séance : Heinz Wismann, Ecole des hautes études en sciences sociales

12h30

Débat

Comprendre les sociétés contemporaines

Président de séance : Bruno Latour, Ecole nationale supérieure des Mines

17h30

Débat

Vendredi 24 novembre
Conserver et restituer le passé

Président de séance : François Hartog, Ecole des hautes études en sciences sociales

12h30

Débat

Archéologie et passions identitaires

Président de séance : Yves Coppens

17h30

Débat

Organisation

Paul Salmona, Inrap
William Chamay, Forums de société, Centre Pompidou