Cette fouille au sein du square Charles de Gaulle, à Toulouse, a été conduite en 2011 sur une surface de 190 m², préalablement à l’aménagement d’une fontaine au pied du Donjon du Capitole. 

Dernière modification
22 novembre 2016

Le secteur exploré est localisé à l’intérieur de l’enceinte antique, distante d’une quinzaine de mètres vers le nord. Les résultats de cette recherche complètent ceux du Square Charles de Gaulle, issue de secours

Espaces de circulation et artisanat

Au début de l’Antiquité, le secteur fouillé se situe à proximité d’une domus, au sein d’une cour ou d’un autre type d’espace libre, où seuls un puits et de rares structures excavées ont été découverts. À partir du IVe siècle, après d’importants travaux de terrassement, l’occupation se caractérise par une succession de niveaux de circulation à l’air libre, associés à des fosses. Parmi le mobilier découvert dans les niveaux les plus récents de cette phase d’occupation, datés du milieu du Ve siècle, de nombreux déchets de fabrication et des fragments de verre brut révèlent la proximité d’un atelier de verrier.

Des édifices de qualité

Si quelques indices indiquent une fréquentation du secteur lors du haut Moyen Âge, les premiers signes d’une réelle reprise de l’occupation n’apparaissent qu’au XIe-XIIe siècle. Elle se manifeste par l’aménagement d’un puits et de silos. Pour les XIIe et XIIIe siècles, les données historiques indiquent que le secteur se situe dans, ou à proximité immédiate, d’une vaste propriété tenue par la famille aristocratique des Villeneuve. De cette période sont datés deux bâtiments dont seules les fondations sont conservées. 

Leur taille indique que les édifices étaient non seulement construits en briques, mais aussi dotés d’étages. Ils constituent, pour Toulouse, un témoignage archéologique unique à ce jour de l’architecture civile haut de gamme de cette période. Dans l’un des bâtiments, un foyer soigneusement élaboré a été conservé. Ces constructions sont démantelées et leurs matériaux plus ou moins largement récupérés dans le courant du XIIIe siècle.
 

Une fosse prolifique

Après une étape intermédiaire marquée par le creusement d’excavations plus ou moins vastes, difficilement interprétables, et une modification du parcellaire, la zone fait à nouveau l’objet, dans le courant du XIVe siècle, d’une occupation dense révélée par l’aménagement de silos et d’une fosse dépotoir. Le mobilier exhumé dans cette « poubelle » qui comporte, entre autres, une verrerie abondante, la garde d’une dague finement ouvragée, des fragments d’une céramique importée du Proche-Orient et des restes de raisin attestant de l’élaboration de vin, indique clairement le haut niveau de vie des occupants de la parcelle. Ils appartiennent, pour cette période encore, à l’élite urbaine toulousaine.
 

Les mutations de l’époque moderne et contemporaine

Les vestiges les plus récents illustrent les profonds changements que connaît le secteur entre la fin du Moyen Âge et l’époque moderne, avec l’extension progressive de la Maison Commune sur des parcelles auparavant privées. Cet édifice se devine sur le site au travers de nombreuses fondations de murs qui concordent en grande partie avec le plan du bâtiment de l’Arsenal, construit entre le XVIe et XVIIe siècle et intégré à ce vaste ensemble communal. La création de l’actuel square dans la seconde moitié du XIXe siècle a entraîné la destruction de la majeure partie de ces bâtiments et, dans le même temps, celle de la partie supérieure de la stratigraphie. Ce dernier point explique pourquoi aucun sol postérieur au XIIIe siècle n’a été conservé.