Situé en plein cœur de la vieille ville, le chantier permet aux archéologues de retrouver les traces les plus anciennes de la ville de Chalon-sur-Saône, puisqu’ils ont mis en évidence une continuité de l’occupation depuis les IIe-IIIe siècles.

Chronique de site
Dernière modification
09 novembre 2016

Situé en plein cœur de la vieille ville, le chantier permet aux archéologues de retrouver les traces les plus anciennes de la ville de Chalon-sur-Saône, puisqu’ils ont mis en évidence une continuité de l’occupation depuis les IIe-IIIe siècles.

Habitats de qualité à la fin de l’époque romaine et au haut Moyen Âge

La fouille menée cette année concerne la partie centrale du jardin du cloître, couplée à l’achèvement des relevés d’élévations. Elle offre un aperçu remarquable de la continuité des occupations humaines au cœur du noyau le plus anciennement urbanisé de Chalon. Une telle opportunité est rare dans des quartiers aujourd’hui densément bâtis et protégés pour leur valeur historique (secteur sauvegardé).
Dans le jardin du cloître, l’évidement d’une cave du XIXe siècle a permis de toucher rapidement les occupations romaines, à plus de 2 m de profondeur. Les très nombreux fragments d’enduits peints décorés retrouvés illustrent l’habitat d’une population aisée vers le IIe ou le IIIe siècle de notre ère. Un tel témoignage est plutôt rare en milieu urbain, les signes de richesse dans l’architecture étant plus régulièrement retrouvés dans les villas situées en milieu rural.

Pour le Moyen Âge, des constructions urbaines mérovingiennes et carolingiennes de qualité ont été identifiées. Elles constituent un témoignage rare pour cette époque. Ce sont de grandes salles associées à un épais sol de béton (chaux mêlée de fragment de tuiles). Ces salles étaient subdivisées par des poteaux de bois.

Avec les restes d’un dallage de grandes pierres de taille, creusées d’un caniveau, ces aménagements traduisent une réelle opulence : sans doute est-elle liée à leur situation privilégiée, aux abords immédiats de la cathédrale.

Le cloître Saint-Vincent, plus de 1 000 ans d’histoire

En 2014 et 2015, la fouille s’était concentrée sur les élévations entourant le cloître. Des relevés détaillés ont permis d’identifier au fond des galeries XIVe du cloître, des vestiges de constructions monumentales qui dateraient, au plus tard, du début du XIe siècle. Ce premier état de construction du cloître en ferait alors le plus ancien de Bourgogne qui soit encore conservé.

Le cloître actuel a été implanté autour de l’an mil. Sa cour reste un lieu d’activité, marqué par des remaniements : entre la fin du XIIe et le début du XIVe siècle, un four en terre de plan circulaire y fut installé.

Aménagement :  Ville de Chalon-sur-Saône
Contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie (Drac Bourgogne-Franche-Comté)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Benjamin Saint-Jean Vitus, Inrap