Le montage d’opérations archéologiques sur de très grandes surfaces a permis à l’Inrap de se forger un savoir-faire unique, mais aussi d’accroître la connaissance de l’évolution environnementale et culturelle du territoire, du Paléolithique à nos jours.

Mis à jour le
02 décembre 2016

Les grands travaux menés dans le cadre de l’aménagement du territoire impliquent la réalisation d’opérations archéologiques d’ampleur. Ces projets, qui ont abouti à la création de l’Inrap, lui ont permis d’acquérir une place particulière dans l’archéologie préventive par sa grande capacité d’adaptation à différents types de terrains et la constitution d’un référentiel méthodologique et technique. La diversité des sites étudiés et l’important volume de données récoltées ont considérablement modifié et enrichi la connaissance de l’évolution du territoire du Paléolithique à nos jours. Pour concilier au mieux contraintes sociales, économiques, techniques et scientifiques, l’Inrap a très tôt choisi de mettre en place des « coordinations » adaptées à la spécificité de chaque projet.

Grands travaux et archéologie préventive

Que les aménageurs soient publics ou privés, les projets d'aménagement sur de grandes superficies (ligne ferroviaire, autoroute, canal, aéroport, lignes de transport électrique ou gazier, grands barrages, centrales nucléaires, grande ZAC…) génèrent, en amont, d’importantes opérations d’archéologie préventive. Réalisées dans des délais contraints pour ne pas pénaliser l’aménagement, elles doivent donc être suffisamment anticipées. Ce respect de la conjonction des intérêts de la recherche archéologique et du projet d’aménagement se fait sous l’égide des services de l’État, en concertation avec l’aménageur et l’Inrap, régulièrement en charge de ces opérations.

40 ans d’expérience et de collaboration

Le suivi archéologique accompagnant la réalisation de grands travaux s’est largement développé depuis les années 1970. Il a suscité la création de l’Association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan), dont l’Inrap est l’héritier direct. Aux années 1970 et 1980, qui marquent en France une période de modernisation riche en aménagements, succèdent des années de plus faible activité. La crise économique de 2008 et le plan de relance qui se dessine alors ont entraîné une forte dynamique sur de grands projets : LGC Sud-Europe Atlantique, Canal Seine Nord Europe, LGV Bretagne-Pays de la Loire…

L’Inrap adapte son activité à ces situations d’accélération et de décélération, de tension industrielle et économique. L’institut est ainsi partie prenante du développement économique et social de la société française.

Une vision renouvelée de l’histoire de notre pays

Les grands tracés ferroviaires et autoroutiers traversent des territoires diversifiés en termes de paysages et de sols, mais aussi du point de vue des populations qui ont pu y vivre depuis des millénaires. Ils passent par des zones généralement peu ou pas étudiées par l’archéologie. Les opérations archéologiques calées sur ces tracés livrent ainsi de très nombreuses informations sur tous types de terroirs et de périodes, et ce en un court laps de temps, réduit à l’intervention avant travaux. L’Inrap est ainsi reconnu pour sa faculté à apporter une vision de plus en plus exhaustive de l’histoire du territoire.

Un défi à relever

Les grands travaux d’aménagement du territoire constituent pour l’Inrap de véritables défis scientifiques et professionnels. L’institut doit en effet :

  • Mobiliser des équipes dans des délais contraints par les impératifs du projet
  • Restituer des terrains dans le meilleur état possible
  • Utiliser les moyens techniques les mieux adaptés aux spécificités du sous-sol
  • Confirmer ou compléter les données archéologiques traditionnelles par le recours à des technologies nouvelles (clichés Lidar ou SPOT, relevés géophysiques complémentaires)
  • Respecter les règles de sécurité propres à certains travaux (conduite gazière, etc.),
  • Synthétiser les résultats des diagnostics pour que les services de l’État soient à même d’émettre des prescriptions de fouilles
  • Mettre en place une coordination adaptée aux spécificités du projet d’aménagement, pour une gestion globalisée des aspects scientifiques et techniques
  • Assurer la diffusion des connaissances.

Référence bibliographique

FERDIÈRE (Alain) dir., GUIOT (Thibaud) dir. — Les sites archéologiques de l’autoroute A19 (Loiret). Tours : FERACF, 2015, 517 p. (Supplément à la Revue archéologique du Centre de la France ; 54).