A Vandières, Meurthe-et-Moselle, ce diagnostic réalisé sur 10 ha est lié au raccordement sud de la LGV Est sur le réseau ferré en direction de Nancy.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le contexte géographique a fait l'objet d'une attention particulière en raison des possibilités de découverte de bois gorgés d'eau et d'horizons tourbeux liés aux paléochenaux de la Moselle.

Le lieu de l'intervention est localisé sur la bordure occidentale du lit majeur de la rivière à sa jonction avec la cuesta des côtes de Moselle. La couverture superficielle est constituée de différents apports provenant des versants de la cuesta et des fluctuations du cours d'eau. Ainsi, argiles et limons de débordement peuvent se retrouver mêlés à des nodules calcaires colluviés et à des galets de la haute terrasse. Le terrain encaissant est constitué de matériaux sablo-graveleux appartenant à la basse terrasse.

Les dix-sept sites répertoriés sur le ban de la commune associés aux opérations d'archéologie préventive récentes révèlent un potentiel fort important de données paléoenvironnementales pour la fin du Néolithique et le Campaniforme. Des résultats équivalents pour la Protohistoire ont permis, grâce à un puits découvert sur un gisement de l'âge du Bronze, de caler la courbe dendrochronologique régionale pour la phase finale de cette période. Pour l'époque romaine, l'habitat semble caractérisé par l'existence de petits établissements ruraux dispersés. La présence d'axes antiques repérés par la photographie aérienne est attestée.

Les résultats révèlent des indices anthropiques protohistoriques non structurés localisés autour d'un gisement gallo-romain. Les fragments de céramique exhumés, pour la plupart atypiques, sont piégés dans une matrice argilo-limoneuse brun d'un vallon. Ces éléments résiduels provenant de l'érosion de sites périphériques peuvent être datés d'une phase indéterminée de la fin de l'âge du Bronze.

Le noyau du gisement gallo-romain, enfoui sous environ un mètre de sédiment, correspond aux sondages 88, 90 et 95. La présence d'au moins deux bâtiments est certaine. C'est dans le sondage 95 que les éléments les plus structurés apparaissent. Un bâtiment, totalement récupéré au niveau de ses substructions, est orienté est-ouest. Au centre, un foyer rectangulaire constitué d'une sole de tegulae fragmentées est en relation avec un niveau de circulation constitué de dalles et de petits blocs calcaires calibrés. L'édifice semble par ailleurs disposer d'une cave dans sa partie est. Les sondages 88 et 90 révèlent, quant à eux, les substructions d'un autre bâtiment dont les murs sont orientés est-ouest et nord-sud. À la périphérie de ces édifices se trouvent d'autres structures d'habitat caractérisées par des négatifs de poteaux dont certains sont calés, des excavations de nature indéterminée, des fours subrectangulaires et un drain orienté est-ouest présentant la particularité d'un aménagement de tuiles canal jointes bout à bout.

La quantité de fragments exhumés est trop restreinte pour permettre de réaliser une étude céramologique fiable. L'analyse de certains éléments retrouvés dans le sol d'occupation du bâtiment du sondage 95 permet néanmoins de donner une indication chronologique pour la période 250-350 de n.è.

Le gisement de Vandières, La Corvée aux Loups est un site d'habitat gallo-romain révélant un potentiel minimum de deux bâtiments. Le sol d'occupation de l'un de ces édifices a livré plusieurs éléments mobiliers datables du Bas-Empire. Ce fait n'écarte pas la possibilité de trouver des niveaux sous-jacents plus anciens. L'exemple de ce gisement vient de nouveau appuyer les hypothèses relatives à l'implantation humaine dans ce secteur de la plaine alluviale de la Moselle où, pour l'Antiquité romaine, l'habitat se caractériserait par la présence d'établissements ruraux dispersés. Un travail de synthèse prenant comme limites le finage de Vandières et ceux des localités voisines est possible à partir des multiples découvertes de bâtiments ruraux faites dans le cadre des opérations du LGV Est. En joignant les données du fichier de la carte archéologique de Lorraine, cette synthèse tenterait d'appréhender l'occupation du sol dans ce secteur géographique de la moyenne Moselle.