Une forme de l'habitat paysan traditionnel moderne à Combs-la-Ville, Seine-et-Marne

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

La ferme des Copeaux apparaît dans la documentation et dans nos sondages archéologiques à partir du XVIIe siècle. Le domaine est composé uniquement de propriétés roturières dont la surface globale (une cinquantaine d'hectares) la classe parmi les petites exploitations de la région. 

Le corps de ferme est d'abord composé d'unités minimales d'exploitation (logis, grange et étable) implantées autour d'une cour irrégulière, ouverte sur le chemin des Copeaux. Après l'augmentation du domaine foncier de près de 70 % pendant la période révolutionnaire, les bâtiments sont quelque peu modifiés, mais c'est entre 1840 et 1851 que le corps de ferme change d'allure : désormais, les bâtiments s'organisent autour d'une vaste cour quadrangulaire s'ouvrant sur la rue reliant Combs-la-Ville à Brie-Comte-Robert. À peu de chose près, la ferme observée en 2006 correspond à celle remaniée au milieu du XIXe siècle et décrite dans les archives en 1851. Les bâtiments observés sont ceux d'une exploitation céréalière d'une centaine d'hectares.
 
En 2006, la ferme des Copeaux se présente sous la forme d'une vaste maison paysanne à cour fermée, localisée en limite nord-est du village ancien. Les bâtiments forment un quadrilatère de 81 x 64 m articulé autour d'une cour de 2 600 m2. On y accède par une porte charretière ouverte à l'ouest. La maison du maître est localisée dans l'angle sud-est, face à la grande porte. Une porte piétonne décorative permet un accès réservé à la maison du maître depuis le chemin des Copeaux. La façade rehaussée de briquettes à la mode du début du XXe siècle témoigne du goût bourgeois de l'ancien exploitant.
 
Les observations archéologiques réalisées sur les constructions préservées en élévation ont essentiellement porté sur des bâtiments d'exploitation. Les écuries sont axées nord-sud, dans l'alignement de la maison de maître. Cette proximité du cheval avec la maison du maître est habituelle en Île-de-France. Le cheval de trait est le pilier de l'économie céréalière traditionnelle. Les dimensions internes des écuries sont de 20,80 x 7,20 m, soit une surface de 150 m2. Le bâtiment des écuries présente une charpente à ferme simple, dégageant une hauteur sous faîtière de 9,67 m. 3,35 m séparent l'entrait supérieur de la poutre destinée au soutien d'un grenier à fourrages. L'espace de stabulation est limité à 2,86 m de hauteur.
 
Un couloir sépare les écuries des bergeries situées dans l'angle nord-est de la ferme. Ce couloir est l'unique accès au jardin potager et fruitier depuis la ferme. Cet accès limité au jardin est une constante des fermes briardes. Large de 1,30 m, ce couloir est composé d'un véritable mur de refend et d'une cloison. Montée sur un petit mur bahut en meulière (0,50 m de hauteur), cette cloison présente toutes les caractéristiques d'un pan de bois : encadrée par une sablière basse et une sablière haute, une série de poteaux verticaux alterne avec des décharges en chevron et tournisses. Le hourdis est composé de moellons de meulière liés au plâtre. Un lattis blanc permet l'accroche d'un revêtement de plâtre blanc qui masque le pan de bois. Le style de construction dit briard laisse peu de boiseries apparentes.
 
Une vaste construction contemporaine occupe le pan nord de la ferme. Elle mesure 38,80 m de longueur dans l'oeuvre. Les deux tiers de cette construction ont fonction de grange. Cette grange peut être divisée en 7 travées. Les murs gouttereaux sont épais de 50 cm, composés de moellons en meulière liés au mortier sableux et enduits de plâtre blanc. Ces murs hauts de 6 m soutiennent une charpente à ferme simple. La hauteur sous faîtière est de 10 m. L'espace de stockage sous entrait est limité à 6 m de hauteur. Le volume de stockage disponible avoisine les 1 440 m3 si l'on soustrait une aire de battage de 15 m2 de surface.
 
La ferme des Copeaux exploitant une centaine d'hectares de terre arable dans la seconde moitié du XIXe siècle, on peut estimer sa productivité aux alentours de 14 m3 de gerbes/ha. Ce chiffre est dans la norme d'une exploitation en assolement triennal sans jachère dans lequel la sole fourragère renforce la fertilisation animale. L'étude archivistique permet de dater cette grange de la décennie 1840-1850.
 
La bergerie observée est large de 9,40 m et longue de 11,20 m dans l'oeuvre. Deux poteaux de bois espacés de 3,60 m sont positionnés en son centre. Ces poteaux reposent sur des bases en grès de 40 cm de côté. Ils divisent l'espace en trois travées et soutiennent un grenier à fourrage au-dessus de l'espace de stabulation. Une porte en position haute sur la façade au-dessus de l'entrée servait à l'engrangement du foin. Le sol extérieur devant la bergerie est aménagé de pavés en grès. Le large seuil rentrant dans la bergerie est construit de moellons en meulières posés de champ. En légère pente, il permet d'accéder au sol de stabulation en contrebas. Le sol même de la bergerie est en terre battue.
 
La grange, l'écurie et la bergerie sont trois des composants essentiels de la ferme céréalière traditionnelle du plateau de Sénart.