L'opération de fouille d'évaluation réalisée à Lacroix-sur-Meuse fait suite aux résultats positifs de deux diagnostics archéologiques effectués au printemps 2002.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Trois secteurs sensibles désignés par les références 207 et 210 au lieu-dit La Finotte et 208 au lieu-dit Les Battants ont été retenus pour l'évaluation de leur potentiel archéologique.

La géographie de la vallée de la Meuse à Lacroix est marquée par une plaine alluviale large. Les gisements sont implantés à la jonction de la bordure orientale du lit majeur et des premiers coteaux de la terrasse, à environ 1 km du lit actuel de la rivière.
Sur le plan de la connaissance historique pour la Protohistoire et l'époque gallo-romaine, la carte archéologique régionale ne mentionne l'existence d'aucune fouille ancienne ou récente sur le finage de la commune. Les données recensées sont pour la plupart relatives à d'anciennes découvertes fortuites de mobilier métallique funéraire de La Tène ancienne (torques à tampons et bracelets en alliage cuivreux, couteau en fer...). Cette documentation est toutefois complétée par une série de clichés aériens récents qui révèlent les traces d'enclos circulaires fossoyés. L'occupation antique est caractérisée par de nombreux indices mobiliers et immobiliers indiquant la présence d'établissements ruraux gallo-romains et d'un réseau viaire localisé à quelques reprises sur la rive droite de la Meuse.

Pour les évaluations 207 et 210 au lieu-dit Les Finottes, les résultats révèlent des indices d'occupation structurés de faible densité. Ils permettent cependant d'appréhender le contexte immédiat de la nécropole de l'âge du Fer reconnue sur l'évaluation 208.
Le décapage de l'évaluation 207, d'une surface d'environ 1 200 m2, révèle treize structures excavées dont la majorité d'entre elles appartiennent à deux petites infrastructures à quatre poteaux de type grenier surélevé. Ces bâtiments probablement contemporains du début du second âge du Fer sont implantés le long d'un ancien chenal de la Meuse. Le paléochenal pratiquement colmaté à cette période a livré des artefacts plus anciens. Entre autres, deux épingles en alliage cuivreux datées du Bronze moyen et final ainsi que plusieurs pièces lithiques brutes ou taillées du Néolithique moyen ou final sont à signaler.

L'évaluation 210 a révélé un très faible potentiel de structures sur les 4 000 m2 décapés, soit un fossé parcellaire d'époque gallo-romaine et une fosse dépotoir. Le mobilier assez abondant dans cette excavation livre une combinaison de formes caractéristiques du premier âge du Fer. Plusieurs individus évoquent peut-être plus précisément le Hallstatt D1-D2.