À Langon, Ille-et-Vilaine, la mise au jour d'un cairn lors d'un diagnostic mené en 2005 par S. Marchand (Inrap) a motivé la mise en place d'une fouille. 

Chronique de site
Dernière modification
26 mai 2016

À l'issue d'un décapage d'environ 2 000 m² sur le pourtour du monument, la fouille s'est recentrée sur le cairn. Dans la mesure où le monument se trouvait en limite du projet, il n'a pu être étudié que partiellement.

Cette opération de fouille préventive s'est déroulée au coeur d'un vaste ensemble regroupant des tertres et des mégalithes. Hormis le site mégalithique des Demoiselles qui regroupe près de 30 menhirs, les vestiges, pourtant répertoriés dès le XIXe s., ont depuis lors été presque totalement ignorés par les archéologues. Ce n'est que très récemment que des recherches effectuées par des prospecteurs bénévoles de la région ont révélé la véritable ampleur du site qui compte actuellement une vingtaine d'entités archéologiques. Elles se répartissent sur une zone d'environ 1 km de long pour 200 à 300 m de large. Le cairn qui vient d'être étudié n'a pu être totalement dégagé car il se développe en partie hors de l'emprise du projet. Le monument se situait sous un moulin à vent sans doute construit au XVIIe s.et détruit au début du XXe s. Notons qu'un second moulin - vraisemblablement édifié au XVe s. et détruit dans la première moitié du XVIIe s. - a été dégagé lors de la fouille. Assez logiquement, les bâtisseurs des moulins ont réutilisé des éléments du monument comme matériaux de construction. On retrouve ainsi des orthostates dans les radiers de fondation des deux moulins. Très schématiquement, le cairn a été édifié à partir de dalles de schiste. Il comprend en particulier deux parements en pierre sèche conservés sur trois ou quatre assises. Le cairn n'est pas circulaire mais présente des façades à peu près rectilignes réunies par des arrondis. Sur la façade est de l'édifice, un empierrement correspond vraisemblablement à un contrefort. Le contour et l'architecture de la tombe ont pu être restitués grâce aux orthostates encore en place ou à leur fosse d'implantation mais aussi grâce aux restes de murets en pierre sèche. La tombe est en fait constituée d'un long couloir auquel sont associées une chambre latérale et une probable chambre terminale. Quelques éléments de dallage ont été observés dans la chambre latérale et le couloir. Le monument fouillé à Langon semble correspondre à une variante de cairn à tombes transeptées, comme celui du Mousseau à Pornic (44). De rares tessons de céramique que l'on peut attribuer au Néolithique moyen ont été découverts dans la tombe. Enfin, et à l'instar de nombreux monuments mégalithiques de la région, l'édifice a connu une acculturation au cours du Campaniforme. Une fosse riche en mobilier céramique et lithique (outillage, pendeloques...) de cette période a notamment été découverte dans le couloir.