Un four de potier du haut Moyen Âge  à Gennes-sur-Seiche, Ille-et-Vilaine.

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

Le site de la Liberderie, sur la commune de Gennes-sur-Seiche, a révélé deux phases d'occupation, antique et médiévale. C'est cette dernière occupation, entre le VIe et le IXe siècle, qui est la plus dense en vestiges. Elle est notamment illustrée par un four de potier bien conservé. 

Les vestiges d'une ferme antique ?

Les vestiges les plus anciens, découverts dans la partie occidentale du site, ont livré du mobilier céramique daté de la période antique (seconde moitié du Ier siècle et début du IIe siècle de notre ère). Cette première phase d'occupation se caractérise par la présence d'un enclos rectangulaire délimité par des fossés relativement peu profonds. L'entrée de l'enclos est aménagée au nord, près d'un bâtiment dont le plan rectangulaire est marqué au sol par des trous de poteaux. Cette construction pourrait, selon ses dimensions, s'apparenter à une grange. Un second bâtiment de ce type et de dimensions équivalentes a été découvert à l'extérieur de l'enclos.

Un four de potier mérovingien

La seconde phase d'occupation, la plus importante en nombre de structures, se rattache au haut Moyen Âge (VIe-IXe siècle). La très grande majorité des vestiges appartenant à cette période correspondent à des trous de poteaux, à des fosses ou à des fossés délimitant un réseau parcellaire relativement dense. L'étude de ce réseau a permis de distinguer au moins six phases d'occupation comprises entre la période mérovingienne et la période carolingienne. La découverte d'un four représente la découverte majeure du site. La présence de nombreux fragments de céramique rejetés dans des fosses à proximité a permis d'identifier sa fonction, la cuisson des poteries. Une analyse archéomagnétique date l'activité du four entre les années 516 et 648. Bien qu'elle soit recoupée par un fossé d'époque carolingienne, la structure a été retrouvée en assez bon état. Les poteries produites par cet atelier correspondent à un répertoire dense et varié, caractérisé principalement par la production de pots décorés à la « molette ». 

Densification au VIIIe siècle

À partir du VIIIe siècle, l'occupation du site semble se densifier et se structurer autour d'un chemin orienté nord-ouest/sud-est. De nouvelles parcelles sont aménagées ainsi que des bâtiments sur poteaux et un « fond de cabane » (petite construction semi-enterrée). D'autres constructions à la fonction indéterminée apparaissent également sur la frange méridionale du site. La concentration des structures dans ce secteur laisse penser que le coeur du site archéologique se développe vers le sud, au-delà de l'emprise de fouille. Plus au nord, les recherches ont révélé l'existence d'un artisanat tourné cette fois vers la métallurgie. 

Au-delà de cette période, le site semble abandonné. La fouille n'a révélé qu'une seule structure du bas Moyen Âge, précédant elle-même l'installation du réseau bocager d'époque moderne.