A Lieusaint, Seine-et-Marne, ZAC du Carré Sénart, La Mare aux Trois Pucelles, zones 1000 à 3000 : sous le centre commercial du Carré Sénart : une ferme hallstattienne et des enclos gaulois

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

Sur les 3 500 m² décapés, les structures correspondant à l'occupation du Hallstatt final se résument à 9 fosses, 7 silos, 2 constructions sur quatre poteaux de type grenier et une grande fosse d'extraction de limon (14 x 3,50 m pour 1,10 m de profondeur). Parmi les structures de type fosse, signalons des structures de formes ovales, aux bords droits et au fond plat. Il s'agit peut-être de fosses quadrangulaires érodées, dont l'interprétation comme fosse de stockage pour des aliments autres que le grain (légumineux par exemple) est envisageable. 


L'ensemble du mobilier provient de rejets secondaires qui ont comblé les structures. Il est homogène et attribuable au Hallstatt final, soit à la transition entre le VIe et le Ve siècle avant J.-C. La céramique est relativement abondante et bien conservée (66 kg, 3 560 tessons). Les décors peints, composés principalement de chevrons, sont réalisés à la barbotine blanche ou noire et/ou à la peinture rouge. Des fragments de céramique non tournée mais finement cannelés sont également à souligner.
 
La faune, moins abondante que le mobilier céramique, est également bien conservée (12,8 kg, 1 724 restes, dont
60 % déterminés). D'après Patrice Méniel, « La fréquence en pourcentage du nombre des restes déterminés des principales espèces se décompose ainsi : le boeuf (16 %), le porc (46 %), les caprinés (28 %), le chien (10 %). La basse-cour est représentée par six restes de coqs et un d'une oie, chiffre sans doute bien peu représentatif de l'abondance initiale (0,7 % des restes déterminés). Les animaux sauvages sont également peu représentés (0,7 %) mais trois espèces sont attestées : le cerf, le lièvre et le chevreuil ». Un objet façonné sur une cheville osseuse a été découvert. Ses extrémités sont sciées, sa surface est facettée et marquée par des traces de fabrication et/ou d'utilisation et comporte un décor composé de deux cercles emboîtés (ocelle). Il s'agirait d'un manche d'outil. La présence de fusaïoles et de pesons en terre cuite atteste le travail des fibres animales ou végétales. Un fragment de faisselle, des « jetons », plusieurs jattes à bord festonné et un long ressort de fibule (Hallstatt D) complètent cet inventaire. On note également une grande quantité de petites pierres chauffées, en calcaire et en meulières, ainsi que des fragments de sole de four mêlés à des fragments de céramique et de faune. Ils témoignent d'une activité de combustion à proximité, bien qu'aucune structure de ce type n'ait été retrouvée. La zone étudiée correspond donc à un secteur destiné au stockage et à des activités domestiques. Un autre site contemporain a été appréhendé à proximité (cf. ZAC du Carré Sénart, Bureaux et Parkings).
 
Lors de cette opération, il a également été possible d'appréhender deux enclos de La Tène finale et une sépulture. L'un des enclos a été identifié lors du suivi des fossés parcellaires ; son décapage extensif interne n'a pas été possible. Les fossés, peu profonds, dessinent un enclos de forme trapézoïdale dont le côté sud est arrondi. Ils délimitent sans interruption un espace d'environ 5 700 m2. Le mobilier céramique recueilli, peu abondant, se compose de formes tournées à pâte sableuse attribuable à La Tène D1.
 
Le second est situé à environ 200 m au nord-est du précédent. Cet ensemble se compose de deux enclos accolés et ouverts vers le sud (type enclos en U). Le premier enclos, au sud, est constitué de trois fossés assez profonds qui présentent des remplissages stratifiés témoignant de remaniements. Il délimite un espace d'environ 1 600 m2. Un fossé plus modeste et très arasé le ferme en partie au sud. Dans l'angle sud-est de l'enclos, une série de trous de poteau délimite un espace d'environ 50 m2 (10 m de long sur 5 m de large). Sa localisation, sa superficie, comme la nature du mobilier rejeté à proximité suggèrent l'existence d'un bâtiment dont le plan n'a pu être reconstitué. Le second enclos accolé à cet ensemble délimite un espace d'environ 2 000 m2. Ses fossés sont moins profonds et ne témoignent pas de reprises. Ces deux enclos délimitent une surface totale de 3 600 m2. On note, dans le comblement supérieur des structures, la présence de rejets de petites pierres chauffées, de rares éléments céramiques et de quelques objets métalliques. Parmi ces derniers, signalons la présence de deux éléments de fermoir de ceinture, l'un en fer (bouleté), l'autre en alliage cuivreux, ainsi qu'une broche à cuire. Le mobilier céramique est composé pour l'essentiel de formes et de décors attribuables à La Tène D1. Signalons également des fragments d'amphores qui peuvent être datés, par comparaison, des environs de 100 avant J.-C.
 
Entre ces deux enclos, une sépulture en très mauvais état de conservation a été découverte. L'individu est allongé sur le dos, un bras le long du corps, l'autre sur le pubis. Le basculement du bassin et de la mandibule, ainsi que la rotation des os longs comme le fémur indiquent un enfouissement en espace ouvert. Il porte un bracelet sur chaque avant-bras, un en alliage cuivreux à droite, l'autre en fer à gauche. Un anneau fragmenté, en alliage cuivreux très fin, est situé sur le thorax et un fragment de fibule en fer se trouve près du crâne. Ce mobilier rattache cette sépulture à l'âge du Fer, mais il n'a pas été possible de préciser cette datation. Le sexe et l'âge de l'individu n'ont pas pu être déterminés.