A Neuvy-le-Roi, Indre-et-Loire, évaluation d'un site du haut Moyen Âge découvert dans le cadre de la prospection systématique sur le tracé de l'A28.

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016

La surface soumise à l'évaluation est de 38 000 m2 ; environ 20 % ont été ouverts.Le site de La Marmaudière est une occupation rurale carolingienne typique de ce que l'on connaît dans la moitié nord de la France. Il couvre une surface très importante, plus de 5 ha, répartis de part et d'autre d'un chemin. Ce dernier paraît avoir un rôle important dans la structuration de l'espace qui est cloisonné par de multiples fossés d'importance variable.

Des entrées (interruptions de fossés) matérialisent les axes de circulation sur le gisement. L'occupation, au sein des parcelles ainsi créées, est attestée par la présence d'un important réseau de fosses et de trous de poteau. À ce stade de l'intervention, il paraît prématuré de définir l'emprise de bâtiments ou de clôtures. On remarque néanmoins que le type de structure se distribue en fonction d'une géographie spatiale : fosses, fossés et trous de poteau au nord et à l'ouest du chemin, possibles habitats au sud-est (fond de cabane ?). Cette impression d'ensemble reste à confirmer.

La vocation du site, habitat, activités agricoles, artisanat ou plus probablement le tout ensemble, n'est que peu explicitée par le mobilier. Ce dernier est majoritairement composé de céramique. Cependant, la faune est bien représentée (avec au moins une fosse d'inhumation d'un animal entier). Une meule a été collectée. Le mobilier en fer est, quant à lui, extrêmement pauvre. L'ensemble paraît homogène et peut être situé chronologiquement entre le VIIIe et le Xe s. Enfin, une sépulture au moins est attestée sur le site. Elle est localisée à l'opposé de ce que nous pouvons raisonnablement interpréter comme étant des structures d'habitat. La durée d'occupation de ce gisement et ses probables phases d'aménagement ne sont pas documentées à ce stade de l'étude en raison, d'une part, du manque de précision dans la connaissance globale de la céramique carolingienne et, d'autre part, de l'absence apparente de chronologie relative entre les structures. L'état de conservation général des vestiges est moyen, le niveau d'occupation devant être le même, ou presque, que celui que nous connaissons aujourd'hui. L'intérêt majeur de ce gisement est en premier lieu son ampleur, plus de 5 ha. L'étude de sa géographie spatiale sera à même d'offrir une vision globale ou, en tout cas, sur une grande surface, d'un habitat carolingien rural en nord-Touraine.

Plus qu'un site isolé, La Marmaudière nous offre l'opportunité d'étudier un terroir dont on sait qu'il est d'ores et déjà bien documenté par les textes et les travaux déjà réalisés sur le secteur.