À Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, les archéologues de l'Inrap étudient une importante nécropole du haut Moyen Âge (entre le VIe et le XIe siècle) en partie fouillée en 2009 où 651 sépultures avaient été mises au jour. La fouille actuelle porte sur la partie sud de la nécropole, dont on ne connaît pas encore les limites.

Chronique de site
Dernière modification
08 novembre 2017

Noisy-le-Grand est l’une des rares communes de Seine-Saint-Denis mentionnées dans un texte datant de l’époque mérovingienne.
 


Ce que disent les textes

C’est Grégoire de Tours qui, à la fin du VIe siècle, indique dans son Histoire des Francs qu’il existait une « villa royale » à Noisy-le-Grand. Il mentionne également un oratoire, lieu destiné à la prière. Se trouvait-il au niveau de l’église Saint-Sulpice ou accompagnait-il la nécropole que fouillent actuellement les archéologues ?

L’existence de ce site était déjà connue depuis longtemps comme l’atteste le nom même de la rue, « Les Mastraits », toponyme qui indique la présence d’un cimetière ou d’un lieu de culte.

La nécropole à l’époque mérovingienne

Cette nécropole, qui s’étend sous le quartier compris entre les rues du Docteur Sureau, Pierre-Brossolette et des Mastraits est daté entre le VIe et le XIe siècle, soit de l’époque mérovingienne puis carolingienne. Les inhumations étudiées à l’automne 2017 appartiennent vraisemblablement à la phase la plus ancienne de la nécropole, c’est à dire  l’époque mérovingienne (fin du VIe siècle).

Les défunts sont placés habillés dans des sarcophages dont les pierres sont liées au plâtre. Les coffrages sont disposés en éventail, les uns à la suite des autres. Un lien communautaire ou familial semble unir les défunts.

L’apport de l’archéo-anthropologie

La nécropole, de taille importante pour la région, devait contenir près de 3 000 individus. Grâce aux fouilles successives d’archéologie préventive, près de 1 000 sépultures seront étudiées, et autant de squelettes analysés. Ainsi, l’anthropologue pourra dresser le profil démographique de la population inhumée : proportion des enfants et des adultes, des femmes et des hommes.

L’étude des ossements permet également, à partir des traces laissées sur les os, de constater l’existence de maladies anciennes, de carences alimentaires ou bien de fractures. Ces éléments permettent de mieux comprendre les conditions de vie d’une population qui n’a pas laissé de traces écrites.

Aménagement : Ville de Noisy-le-Grand
Recherches archéologiques : Inrap
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie, Drac Île-de-France
Responsable scientifique : Cyrille Le Forestier, Inrap