A Saint-Germain-du-Puy, Cher. La fouille, réalisée sur une superficie de 1 300 m², a concerné une nécropole protohistorique. Cette opération est réalisée dans le cadre de l'aménagement de la section nord-est de la rocade de Bourges, par le Conseil général du Cher.

Chronique de site
Dernière modification
17 mai 2016

Les structures funéraires sont peu nombreuses (deux enclos circulaires, deux crémations, deux inhumations) mais attestent trois occupations datées entre la fin du XIVe-fin du XIIe s. et la fin du VIe-début du IVe s. avant J.-C. Les attributions chronologiques ont été établies grâce à l'étude céramologique et aux datations 14C.

DEUX SÉPULTURES DU DÉBUT DU BRONZE FINAL

La première occupation du site remonte au Bronze final I-IIa (entre la fin du XIVe et la fin du XIIe siècle avant J.-C.). Elle a révélé deux sépultures. L'une témoigne de la crémation d'un sujet immature, avec dépôt des résidus de bûcher en fosse et offrande d'un vase sur les ossements incinérés. L'autre est une inhumation dont les ossements n'ont pas été conservés, mais un dépôt de deux vases accompagnait le défunt.
La sépulture à crémation est localisée dans l'aire interne de l'un des enclos circulaires fossoyés associé à un monument funéraire (enclos 2), mais excentrée.
L'inhumation est située juste à l'extérieur de cet enclos, près du bord. Toutefois, la relation chronologique de la première installation du monument funéraire avec les sépultures n'est pas déterminée, cette situation peut donc être fortuite.

UNE OCCUPATION DE LA FIN DU BRONZE FINAL-HALLSTATT ANCIEN

La deuxième occupation est marquée par l'abandon de l'enclos 2, daté du Hallstatt C (800-600 av. J.-C.) par le radiocarbone, à partir de fragments de charbons de bois issus du comblement terminal de l'enclos.
Le mobilier céramique associé indiquant une date possible au Bronze final IIIb (900-800 av. J.-C.), il est possible que le monument ait été également utilisé à cette période, voire de façon continue entre la fin du Bronze final et le Hallstatt ancien, du moins pour son dernier état (la première mise en place du monument n'étant pas datée).

UNE OCCUPATION DE LA FIN DU HALLSTATT FINAL-DÉBUT DE LA TÈNE ANCIENNE

La dernière occupation est située à la transition entre les deux âges du Fer. Deux sépultures, datées au radiocarbone entre la fin du VIe et le début du IVe siècle av. J.-C., attestent, de même que pour le début du Bronze final, la pratique de la crémation et de l'inhumation au sein d'une même période.
Un dépôt de crémation, assez dispersé (sans doute perturbé par l'aménagement d'un fossé postérieur), correspond à la crémation d'un sujet adulte et semble être associé au dépôt d'un vase dans une petite fosse.
L'inhumation d'un enfant dans une fosse, face contre le sol, avec une grosse pierre déposée sur les jambes, coupe le bord du fossé comblé de l'enclos 1.

LES ENCLOS FUNÉRAIRES

La mise en place et la perduration des monuments funéraires ne sont pas déterminées, mais leurs enclos circulaires fossoyés (enclos 1 et enclos 2), distants de 11 m, témoignent de reprises. Les seuls éléments chronologiques dont on dispose sont, pour l'enclos 1, un * terminus ante quem de son abandon, par la position de l'inhumation de l'enfant et, pour l'enclos 2, son abandon au Hallstatt C.
* date la plus récente de son abandon

L'enclos 1 (12,70 m de diamètre extérieur) a connu trois phases de creusement et montre deux fosses allongées externes. L'une serait liée à un creusement de fossé abandonné dans le cadre d'un recalibrage de l'enclos. Dans son dernier état, l'enclos était fermé.
L'enclos 2 (11,50 m de diamètre extérieur) a connu une seule reprise de fossé. C'était un enclos fermé. Il était doté d'un talus externe dans son premier état. Des trous de poteau situés à l'intérieur de l'enclos témoigneraient d'aménagements lors d'une des phases d'utilisation. Les fragments de vases retrouvés dans son comblement terminal révèlent vraisemblablement des dépôts funéraires fonctionnant avec le monument, peut-être dans un tumulus éventuel ou au bord du fossé.
Les deux enclos étaient probablement chacun doté d'un tumulus de terre recouvrant l'aire interne, d'après certains arguments géoarchéologiques, basés sur des observations de terrain et des analyses physico-chimiques des sols (pour chaque enclos, développement différentiel des ensembles sédimentaires à l'intérieur et à l'extérieur de l'enclos).

UNE INTÉRESSANTE NÉCROPOLE PROTOHISTORIQUE UTILISÉE SUR PLUSIEURS SIÈCLES

La nécropole s'étend très certainement au-delà des limites d'emprise. En outre, les occupations postérieures (un ensemble de fossés et de fosses de la fin de la Protohistoire-période gallo-romaine, ainsi qu'un chemin récent avec deux fossés bordiers et de nombreuses ornières) ont vraisemblablement détruit une partie des vestiges protohistoriques. Nous avons donc une vision tronquée de la réalité de ce lieu funéraire, ce qui n'en rend pas moins les résultats intéressants : utilisation de la nécropole sur six à neuf siècles, rites de crémation et d'inhumation associés, au début du Bronze final et à la transition entre les deux âges du Fer, reprises et entretien des monuments funéraires, dotés d'aménagements complexes.