A Plombières-lès-Dijon, Côte-d'Or, la mise au jour d'un petit établissement gallo-romain et de plusieurs structures d'époque celtique dans la Peute Combe, en bordure de l'agglomération dijonnaise, s'inscrit dans le cadre des travaux d'aménagements de la Liaison routière nord de l'agglomération dijonnaise.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Cette opération, réalisée sur une surface de 8 000 m² par une vingtaine d'archéologues de l'Inrap, a été prescrite par les services de l'État (Drac Bourgogne) à la suite d'un diagnostic réalisé en 2008, qui avait révélé une importante concentration de vestiges. La conservation de ces vestiges s'explique grâce à leur position au fond de la combe : l'érosion des pentes a recouvert rapidement les sites, les protégeant des labours et de toute autre destruction.

Trois bâtiments celtiques témoins de la vie quotidienne

Entre 500 et 450 avant notre ère ont été édifiés, dans la Peute Combe, trois bâtiments, à ossature de bois et murs en torchis, distants d'une cinquantaine de mètres. Les niveaux archéologiques sont très bien conservés. Plusieurs foyers et des niveaux de sols en terre battue ont été observés. Les trous de poteau délimitant les bâtiments ont également été mis au jour. L'abondance et la variété des fragments de céramiques renseignent sur l'environnement domestique des habitants car ils sont caractéristiques de la gamme des récipients culinaires : céramiques de grande taille employées pour le stockage et la cuisson des aliments, céramiques fines pour la préparation et le service de table. Les autres activités de la vie quotidienne se perçoivent à travers certains objets : fusaïoles (petits poids en terre cuite) servant au filage, objets en fer (hache, rasoir...) ou encore éléments de parure (bracelet, collier...). L'ensemble de ces vestiges permet de mieux comprendre le fonctionnement de ce petit habitat.

La forge

Plusieurs indices révèlent l'existence d'un atelier dans lequel étaient travaillés le bronze et le fer : des objets en cours de fabrications (plaques de tôle découpées, fibules...) et un petit foyer d'argile rubéfiée bordé de trois pierres verticales, sur lequel ont été découvertes plusieurs billes de coulées en bronze. Un grand bloc de calcaire, présentant de multiples incrustations métalliques, devait servir d'enclume. Des scories en fer ou résidus de métal, des battitures ou déchets de forge et des fragments de creusets - céramiques dans lesquelles était fondu le bronze - confortent l'hypothèse d'une activité métallurgique. La conservation des niveaux de sols raconte également l'organisation de la forge.

Un petit établissement agricole gallo-romain

Plus de 400 ans après cette première occupation, la Peute Combe voit l'installation d'un petit établissement agricole, au tout début du Ier siècle avant notre ère. Ce bâtiment semble avoir été abandonné assez rapidement, environ 50 ans plus tard. Durant cette période - le début de l'Empire romain - les provinces comme la Gaule s'organisent et finissent de passer du statut de zone conquise à celui de partie intégrante de l'Empire. Malgré la faible durée de vie de l'établissement, on dénombre quatre phases architecturales successives, attestant le passage d'une architecture en bois de tradition gauloise vers une utilisation plus marquée de la pierre. Outre le bâtiment principal, on note la présence d'un grenier à céréales, bâti sur poteaux, et d'une vaste cour empierrée dotée d'un puits. L'étude de ces modestes établissements complète notre compréhension du monde agraire gallo-romain, dont l'image est trop souvent limitée aux seules grandes villae.