A Lizy-sur-Ourcq, Seine-et-Marne, la présence de matériel néolithique dans une fosse découverte lors du diagnostic a conduit à la mise en place d'une évaluation complémentaire.

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

Quatre nouvelles structures conservées sur une faible profondeur (15 cm) et avares en mobilier ont été dégagées. Les aléas de l'opération, notamment en post-fouille en raison de l'interruption des contrats, et la faible représentativité de ce genre de vestiges nous ont conduits à différer l'étude de l'ensemble. 

Les résultats de l'analyse carpologique soulignent néanmoins un des apports de cette intervention. En effet, les ensembles néolithiques du site de Lizy-sur-Ourq ont livré une soixantaine de céréales, malheureusement trop dégradées pour en déterminer l'espèce. Ils valent surtout pour la mise en évidence de la récolte de fruits sauvages, noisettes et probablement pommes sauvages, dont il subsiste des pépins et des fragments de chair carbonisée. Les noisettes ont été récoltées de tout temps car elles se conservent facilement et fournissent un apport énergétique non négligeable car elles sont riches en huile et en protéines. Les pommes sauvages sont petites (2-3 cm. de diamètre) et très aigres, de sorte qu'elles ne sont probablement pas consommées fraîches mais plutôt séchées pour en améliorer le goût. Les plus anciens témoignages de cette pratique datent du Néolithique final. Cette consommation est attestée notamment à Clairvaux-les-Lacs et Charavines, où des réserves de pommes coupées en deux et séchées au feu ont été découvertes. Les pépins de pommes sauvages sont abondants dans ce dernier site mais la découverte de demi-fruits torréfiés laisse aussi entendre que des fruits ont pu être séchés pour en prolonger la conservation. Dans le Bassin parisien, les attestations de pommes sauvages demeurent cependant exceptionnelles.

Par ailleurs, le diagnostic a mis au jour l'ouverture d'une marnière. Il s'agit d'une grande fosse circulaire (ou d'un puits) de 9,50 m de diamètre ayant livré de la céramique gallo-romaine (dont un fragment d'amphore).

À cet emplacement, une étude menée en 1993 fait mention de la trace d'un axe antique menant de la voie Lizy-Ermenonville au théâtre de Lizy. Cette grande fosse pourrait être en relation avec ce chemin antique, qui se situe peut-être sous la départementale 146a.