​Le chantier du nouveau palais de justice de Toulouse a offert aux archéologues l’opportunité de conduire plusieurs explorations successives en 1999, en 2002-2003 et en 2005-2006.

Chronique de site
Dernière modification
22 novembre 2016

Ces opérations ont permis de redécouvrir un site emblématique : le château des comtes de Toulouse, dénommé le château Narbonnais. Elles ont consisté à fouiller le jardin, l’aile méridionale de la partie réhabilitée du tribunal de grande instance et l’espace dévolu au parking souterrain du nouveau projet architectural. 

L’origine antique du château comtal

Les fouilles ont permis de dégager la façade sud de la forteresse comtale, dont l’emplacement exact ainsi que la nature de la construction étaient jusqu’alors inconnus. Dans ce secteur, les archéologues ont également mis au jour un mur de la porte antique dite Narbonnaise, qui est à l’origine du château. Formée de deux tours, la porte Narbonnaise constituait l’entrée principale de la ville au sein du rempart gallo-romain du Ier siècle de notre ère. Cette découverte met en lumière le lien topographique entre le monument antique et l’emprise du château médiéval sur la voie gallo-romaine qui conduisait à la porte de la ville.

 À partir de cet édifice originel, le château comtal s’est agrandi vers le sud à la fin du XIIe siècle par la fondation d’une façade en briques profondément ancrée dans le sous-sol. Un cimetière ouvert s’étendait en bordure des fossés, au pied du château. Il est à l’origine du cimetière Saint-Michel, découvert lors des fouilles de la station de métro Palais-de-Justice. La datation des tombes a permis d’établir de manière relativement précise la chronologie de cette transformation de la porte antique de la ville en forteresse.
 

Le château royal devenu Parlement

Quand Toulouse a été intégrée au royaume de France à la fin du XIIIe siècle, le château Narbonnais a encore été très largement agrandi vers le sud. Il en reste un rempart conservé sur toute sa hauteur, avec son crénelage, à l’intérieur du palais de justice. Ces éléments offrent une vision inédite des fortifications de la ville en son point le plus prestigieux à la fin du Moyen Âge. Le fossé le plus important du château mesurait 7 m de profondeur. Sa fouille a permis de dégager et d’étudier la tour de l’horloge, le rempart et sa contrescarpe, tous en briques.
 
Le développement de la fonction judiciaire à l’époque royale et la création du Parlement de Toulouse en 1422 ont conduit à la transformation de cette aile du château par le voûtement d’une grande salle en rez-de-chaussée, avant la construction, en 1492, de l’édifice de la Grand-chambre encore en élévation plus à l’est. Le château ancien est détruit au milieu du XVIe siècle. La tour engagée du rempart devient alors la tour de l’horloge où sont installés les cachots noirs de la prison parlementaire.

L’opération archéologique a donc révélé l’architecture et la chronologie du siège du pouvoir comtal, puis royal et parlementaire à Toulouse. L’ensemble des constructions situées dans l’emprise du château ancien a été préservé et présenté dans une crypte à l’intérieur du nouveau palais de justice.