Un sanctuaire gallo-romain à Eckartswiller, Bas-Rhin.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le lieu-dit la Rothlach, dans la forêt de Saint-Jean-Saverne, se situe à environ 1 km du carrefour de la Colonne, point de convergence de toutes les voies anciennes au franchissement du seuil de Saverne, entre la Zinsel du Sud et la Zorn. La fouille a livré les vestiges d'un sanctuaire antique dédié au dieu Mercure. Ses résultats ont permis, en outre, de compléter de précédentes études consacrées à l'occupation rurale du Ier-IIIe siècle sous la forme de hameaux dans le secteur.

Le culte de Mercure

Le site a révélé un espace de taille modeste dédié au culte regroupant deux bâtiments en grès très arasés et une aire de foyer. Le mobilier recueilli aux abords des vestiges a permis de confirmer leur vocation cultuelle. Il s'agit d'un bas-relief représentant le dieu romain Mercure, protecteur des voyageurs, des marchands, et ici des habitants du hameau. Très populaire en Gaule romaine, il a été identifié grâce à ses attributs, la bourse et le caducée (bâton autour duquel s'enroulent deux serpents). Cette identification a été confortée par la découverte d'une dédicace (inscription votive) adressée au dieu. Enfin, la fouille a livré un dépôt de fondation monétaire (monnaies déposées au début de la construction d'un bâtiment) issu du bâtiment 2 du sanctuaire. Ces monnaies et les céramiques mises au jour permettent de situer l'occupation du site entre 150 et 240 de notre ère.   

Des aménagements connexes

Outre le sanctuaire, la fouille a mis au jour un chemin orienté selon un axe sud-ouest/nord-est sur le flanc nord-ouest d'un petit vallon en forte pente. Ce chemin ou diverticulum (voie secondaire antique) traverse l'aire cultuelle et dessert une nécropole, puis un habitat. Situés en dehors de l'emprise de la fouille, mais connus par prospection depuis une dizaine d'années, la nécropole et l'habitat forment, avec le sanctuaire, un ensemble cohérent, peut-être celui d'un hameau du IIe-début du IIIe siècle de notre ère.

Florence Mischler