Le site de Lagneau est situé sur un replat de la terrasse rissienne (Pleistocène moyen) de la Garonne et en bordure du Canal latéral du Midi, un peu à l'écart du village de Buzet-sur-Baïse (Lot-et-Garonne), sur une ancienne parcelle cultivée en vignes.
L'emprise de la fouille est de 1 307 m2 : le décapage a été réalisé autour de la future maison matérialisée par des tranchées de fondation en laissant intactes deux bandes situées, l'une entre la future maison et la route et l'autre sur le côté est des fondations, en raison du résultat négatif des sondages réalisés dans ces deux secteurs.
L'objectif de la fouille était de vérifier l'absence de sépultures et de préciser la chronologie de fosses attribuées au Moyen Âge.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

L'intérêt du site réside dans son usage exclusif à des fins de stockage de grains à une époque (XIIe-XIVe) où le prieuré Saint-Martin voit s'accroître l'étendue de son cimetière.
La fouille du site de Lagneau Ouest a permis de mettre en évidence une aire d'ensilage délimitée par des fossés sans réels vestiges d'habitat associés.
Trente-huit structures, inédites ou déjà observées, lors du diagnostic ont donc été mises au jour lors de la fouille. Il s'agit essentiellement de structures en creux : deux fossés, vingt-neuf fosses ou silos, quatre trous de poteau ou assimilés, trois foyers ou rejets de foyers. Elles sont soit faiblement excavées, soit fortement érodées car la plupart du temps il ne reste que les fonds de fosses.

Les fossés

Deux tronçons de fossé ont été mis au jour : le premier dessine un angle droit qui se perd dans la limite orientale de la fouille, le second est un tronçon orienté est-ouest qui semble se raccorder au premier et se poursuit vers l'est où il se raccorde à l'un des fossés (F151) du site de Lagneau Est. Très peu d'artefacts ont été retrouvés dans les segments fouillés lors des coupes. L'ensemble des fossés dessine un grand rectangle orienté est-ouest qui encadre la majorité des silos. Les fossés ont certainement à la fois un rôle de limite parcellaire et de drainage, car le sable est imbibé d'eau au contact du socle argileux, lequel apparaît relativement haut (- 0,60 m), notamment au nord-ouest du site.

Les fosses et les silos

Il n'est pas facile de déterminer la nature et la fonction de certaines structures, qui ne peuvent être qualifiées de silos en raison d'une trop faible profondeur. Quelques-unes présentaient des pierres, chauffées ou non, au sommet du comblement, ce qui pourrait correspondre à la trace d'une couverture en bois (?) calée par des pierres. La plupart des fosses ont un comblement supérieur marqué par des phases d'inondation (passées d'illuviation). 

Deux phases de silos au moins se dégagent. Les fosses situées à l'extérieur du fossé sont plus dispersées, ou rassemblées par groupe de deux ou trois maximum. Un seul cas de recoupement de silos a été observé (F 514 et F 515). Le tamisage des sédiments de comblement des silos ayant donné quelques résultats en matière de conservation des graines, une étude malacologique est en cours pour déterminer les différents types de céréales consommées. Le mobilier céramique présent dans le comblement des silos indique une occupation antérieure au XIVe siècle.

Le mobilier

La céramique semble homogène et contemporaine. D'un point de vue typologique, elle s'apparente au vaisselier régional du Bergeracois, d'Aquitaine ou de Midi-Pyrénées. De grandes jattes modelées, des oules et des pégaus  côtoient des cruches à bec disproportionné, les décors sont rares et frustres. L'étude céramologique sommaire permet de proposer une période d'occupation du site comprise entre la seconde moitié du XIIe et la fin du XIIIe siècle.
Quelques objets métalliques liés au travail agricole ont été trouvés.

Conclusions et perspectives

La fouille de Lagneau a mis en évidence une occupation du sol liée à la gestion de réserves céréalières, voire un embryon de parcellaire sur des terres appartenant à un prieuré de l'abbaye de Saint-Sever. Une étude documentaire plus poussée pourrait permettre de connaître le statut particulier de ces terres.