Une ferme gauloise vers -150 à Angé, Loir-et-Cher.

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016

La fouille a été menée sur une surface de 2 hectares. Le site est composé d'un enclos trapézoïdal fossoyé, présentant un profil en V à fond plat, large de 2 à 3 m, profond d'1 à 2 m, avec une entrée au milieu du côté est. L'étude des couches de comblement indique la présence d'un talus du côté interne qui renforçait sa protection. Cette enceinte qui délimitait la ferme, servait aussi à protéger les biens matériels et autres.

Une chronologie homogène

Les tessons de céramique permettent de dire que les habitants du Bois de la Faix ont vécu à cet endroit de la fin de La Tène C2 au début de La Tène D1 (vers - 160/- 120). La majeure partie des poteries correspond à une production locale pour le stockage des aliments et leur préparation quotidienne mais quelques fragments d'amphores suggèrent aussi l'importation de vin méditerranéen.

Des aires spécialisées

À l'origine, les bâtiments de la ferme, essentiellement des greniers à 4 et 9 poteaux, étaient construits dans l'enclos. Au cours d'une période de paix et de prospérité, la ferme s'est étendue à l'extérieur de l'enceinte, comme l'indique la découverte d'un second bâtiment à 9 poteaux et de nombreux aménagements en creux (fosses...). Ces greniers révèlent une activité culturale. Et, bien que les ossements animaux ne se soient guère conservés dans ce terrain argilo-limoneux acide, l'élevage n'était pas absent.

L'exploitation du minerai de fer sidérolithique, destiné à la production d'outils, est probable hors de l'enclos à l'ouest. Les hommes ont utilisé le feu pour éclater les blocs de minerai de fer afin de séparer le métal de sa gangue de graviers et de galets quartzeux. Les analyses anthracologiques (charbons de bois) ont montré que les trois foyers découverts dans cette zone ont consumé uniquement du chêne, connu pour son pouvoir calorifique et continu, alors que les foyers découverts dans l'enclos présentaient, outre des restes de chênes, des résidus d'érables, de hêtres, de frênes, de noisetiers, de saules, d'ormes et de fabacées. Près de ces foyers, ils ont laissé les déchets et ils ont emporté les morceaux les plus riches en métal pour les transformer dans un endroit qui n'a pas été localisé.

Résultats

Le site du Bois de la Faix confirme pour le Loir-et-Cher certaines données recueillies ailleurs sur le territoire national. Au milieu du IIe siècle avant notre ère, la population gauloise a connu une période économiquement favorable. Bénéficiant de surplus de production agropastorale, et peut-être de son activité métallurgique, elle a pu acquérir des biens d'importation (amphores italiques...). Cet essor a été également à l'origine d'une croissance démographique.