A Bussy-le-Château, Marne, la commune de Bussy-le-Château est localisée à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Châlons-en-Champagne.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le site du Bout des Forces est implanté au sud-est de la commune, en bordure de l'autoroute A4. Le site est placé à environ 5 km au sud-est de l'oppidum de la Cheppe et à proximité d'une ancienne voie romaine (actuellement la départementale 394).

Plus de 800 structures archéologiques excavées ont été mises au jour sur les 20 800 m2 explorés lors de la fouille d'un établissement rural gaulois et gallo-romain. Leur étude a mis en évidence une succession d'occupations témoignant de la dynamique du site depuis le Ve siècle avant J.-C. jusqu'à son abandon au IIIe siècle de notre ère. 

La facture soignée de la céramique et du mobilier métallique atteste une certaine qualité de vie des occupants du début de La Tène. Puis, l'occupation se densifie et se structure, marquée par l'installation, à l'ouest, d'une zone dévolue au stockage souterrain.

Les analyses carpologiques montrent la spécialisation de certains silos dans le stockage de l'orge vêtue et illustrent une forte production agricole. L'alimentation carnée est alors dominée par la triade boeuf, porc et caprins. Un enclos funéraire, localisé à l'extrémité sud-est du site, renfermait en son centre l'inhumation d'une femme adulte de La Tène. Le mobilier l'accompagnant est relativement riche (dépôt céramique, ceinture en alliage cuivreux et fibules en alliage cuivreux et en fer, perles en ambre...). L'habitat contemporain n'est pas connu.

Outre la présence à l'ouest d'un secteur dévolu au funéraire, le Ier siècle est marqué par l'installation, à l'est, d'une exploitation agricole (une vingtaine de constructions et plusieurs caves) dont le mobilier consiste en outillage domestique et agricole, céramiques de stockage, ainsi qu'une pendeloque anthropomorphe.

La distribution dans l'espace des différents types de constructions suggère la présence de deux unités d'exploitation, composées d'un bâtiment d'habitation et de plusieurs constructions annexes. Une de ces unités s'organise, au nord, autour d'une vaste construction de 100 m2.

L'établissement rural est alors résolument tourné vers une production agro-pastorale où la prépondérance des caprinés contraste avec les choix retenus sur la plupart des sites contemporains du Bassin parisien et du nord de la France. Cette zone d'habitat est progressivement délaissée au début du IIe siècle de notre ère, puis abandonnée. Les derniers indices d'occupation sont matérialisés par le mobilier d'une sépulture, creusée dans la cave du bâtiment principal (rite de condamnation ?). Les traces d'occupation les plus tardives, du IIIe siècle après J.-C., sont matérialisées par quatre bâtiments et plusieurs fosses à l'est du fond de vallon.

Comme le montrent les photographies aériennes, une infime partie du site a été concernée par les travaux de la LGV. Néanmoins, cette fouille apporte un éclairage nouveau concernant l'habitat laténien et gallo-romain dans ce secteur, connu essentiellement par les nécropoles protohistoriques.

Le développement d'un tel établissement au tournant du Ier siècle de notre ère témoigne de l'essor des campagnes à cette période, avec une céréaliculture principalement orientée vers la production d'orge vêtue. L'étude de la faune montre un certain nombre de particularités à La Tène et au début de l'époque gallo-romaine dans le choix des espèces et des modalités d'élevage, sensiblement différentes de celles qui sont retenues sur la plupart des sites contemporains du Bassin parisien et du nord de la France.