Le chemin antique de Corbeil à Nangis (à Saint-Pierre-du-Perray, Essonne)

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

Suite à une campagne de prospections et de diagnostics de grande ampleur, réalisée en février 1991 et conduite par la coordination Afan de Sénart (J.-C. Bats), deux secteurs d'une occupation antique des I er et III e  siècles après J.-C. ont été décapés sur une surface de 2 ha environ.

La première zone recelait les vestiges d'un petit habitat rural (Lac VII), le second était traversé par un réseau parcellaire fossoyé et une voirie (Lac VIII).
 
Cette occupation gallo-romaine s'intègre dans un ensemble structuré couvrant plus de 20 ha desservi par une voirie traversant d'est en ouest le plateau de Sénart et reliant Nangis à Corbeil. Le site de Lac VIII, proche du ru des Prés Hauts, se trouve dans un secteur hydrophile nécessitant des aménagements de drainage important. Le site ainsi décapé sur près d'un hectare a permis de mettre au jour une portion de voirie de 6,50 m de large associée à du matériel daté du Ier au IIIe  siècle et récolté dans les fossés bordiers. Ceux-ci assurent l'évacuation et le drainage des eaux de ruissellement. La voie est constituée d'un soubassement de meulières recouvert de moellons calcaires. Ces fossés portent les traces de plusieurs aménagements dont une traversée constituée de deux murets de pierres sèches couverts d'un gros dallage de meulière formant un caniveau de plus d'un mètre de profondeur.
 
Un puits maçonné, ne reposant pas sur un cuvelage en bois, a également été repéré. Il plonge à 7 m de profondeur et se trouve enclos dans une parcelle quadrangulaire dont deux fossés ont été reconnus, l'un parallèle à la voirie, l'autre perpendiculaire. Lors de la fouille de ce puits, les sédiments conservés dans la nappe phréatique ont été intégralement prélevés. Ils ont fourni d'importants restes végétaux, dont des graines, des pépins, des bois travaillés ou bruts, et les éléments d'un seau ou d'un petit tonneau. Un matériel céramique abondant, daté du Ier au IIIe  siècle, peut attester la présence à proximité d'une structure d'habitat qui n'a pas été repérée.

Deux mares, l'une isolée de tout contexte et l'autre se trouvant au bord de la voirie sur le côté sud, étaient toutes deux actives pendant l'occupation du site. Cette dernière, munie d'un pédiluve (empierrement bordant le point d'eau dans le but d'éviter au bétail de s'enfoncer), servait non seulement au drainage du secteur, mais aussi à abreuver le bétail.