A Wavrin, Nord, le projet de construction, sur une surface initiale de 11 000 m2, a donné lieu à un diagnostic en novembre 2003 puis à une fouille en 2004.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Environ 7 500 m2 ont été décapés. La densité des vestiges a nécessité un second décapage après épuration du premier niveau mis au jour. Ce chantier, dit rural, était en fait situé aux abords immédiats de la ville de Wavrin, à environ 300 m de l’hôtel de ville, au lieu-dit Le Château du Bourg, dont les derniers vestiges ont été ensevelis dans les années 1980.

Wavrin est situé à 12 km au sud-est de Lille, dans la vallée de la Deûle. La région proche du site concerné n’a pas fourni beaucoup de témoins. La plupart des découvertes proviennent de prospections pédestres et rares ont été les fouilles menées dans ce secteur. La dernière date de janvier 2002. Les indices de sites concernent surtout la période gallo-romaine. L’époque protohistorique se résume à quelques vestiges de l’âge du Fer. S’il existe beaucoup d’indices de sites, nous ne connaissons que peu de choses sur la population ayant occupé ce territoire avant et après la conquête romaine.Les travaux de postfouille sont en cours ; il convient donc de prendre avec prudence les premiers résultats décrits ci-dessous. Le premier fait marquant est la superposition des vestiges au même endroit durant environ treize siècles. En effet, le site a été occupé de la fin du Ier s. av. n. è. au XIIIe s. de n. è. livrant ainsi un lot de mobilier assez imposant, souvent mélangé, d’où un travail minutieux de tri et une chronologie encore embryonnaire. L’isolation de certaines structures avec un mobilier caractéristique des époques médiévales a permis à J.-C. Routier/Inrap de déceler trois périodes. L’occupation la plus récente, excepté les traces de guerres du XXe s., est caractérisée par d’énormes structures hydrauliques du XIIIe s. (canaux et structures non identifiées). Ce réseau est certainement en rapport avec la construction puis l’existence du château de Wavrin (livraison de matériaux de construction par barges). Le creusement de ce réseau de canaux a fortement perturbé les niveaux d’habitats plus anciens médiévaux et gallo-romains du Bas et du Haut-Empire. L’habitat médiéval le plus récent semble caractérisé par une trame d’enclos plus ou moins rectangulaires de petite taille, datable d’après le mobilier céramique des XIe-XIIe s. Il a remplacé un habitat dont le seul témoin est un unique enclos carré beaucoup plus grand, dont le comblement des fossés de limite a révélé un mobilier du Xe s. Il est impossible, en l’état actuel de la recherche, de donner davantage de renseignements sur la forme de l’habitat. Toutefois, on observe sur le site deux types de structures pour ces époques : la sablière basse et les trous de poteau. Il faut ensuite remonter au Bas-Empire pour retrouver des traces de l’homme à cet endroit. Les vestiges matériels sont nombreux, notamment un lot de monnaies assez important daté d’après environ 300 fragments de poterie typique des niveaux du IVe s. (sigillée d’Argonne décorée à la molette). En revanche, caractériser le site à cette époque reste difficile, l’impression générale voulant qu’on soit en présence d’une villa mais les vestiges étant trop ténus pour qu’on puisse l’affirmer. À l’exception du numéraire déjà évoqué (essentiellement mis au jour dans les niveaux de colmatage et de nivellement du site), il ne subsiste qu’un niveau de tuiles très dense, témoin de la destruction d’un éventuel bâtiment en faveur duquel il faut ajouter la présence de quelques moellons de calcaire et de blocs de grès épars ayant pu servir à sa construction comme il est fréquent dans la région (Dourges par exemple). On fait ensuite un bond de 200 voire 300 ans, pour se retrouver à la fin du Ier s. av. n. è et au début du Ier s. de n. è. À cette époque, il existe à Wavrin et dans les environs quelques installations agricoles du type fermes indigènes, dont une a été fouillée en 2002, et il ne fait aucun doute que les vestiges découverts rue du Colonel-Driant pourraient être du même type. En effet, la présence de plusieurs fossés, dans le comblement desquels les fouilleurs ont exhumé une quantité non négligeable de poteries dite de tradition gauloise, témoigne d’un habitat enclos. Malheureusement, l’exiguïté du chantier n’a jamais permis de sortir le plan complet d’une phase d’occupation.