A Bléré et Sublaines (Indre-et-Loire), la fouille a été réalisée sur une superficie de 2 000 m2.

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016

Un chemin longtemps parcouru pendant 2 000 ans. Le diagnostic archéologique du tracé de l'autoroute A85 et les recherches historiques ont permis de repérer une voie antique sous l'actuel chemin dénommé Le Chemin d'Espagne. Le tracé autoroutier franchit cet ancien axe de communication sur le plateau relativement plat en rive gauche du Cher et à quelques kilomètres au sud de Bléré. Dans une première phase, trois tranchées perpendiculaires au chemin ont mis en lumière son organisation spatiale et son évolution dans le temps.

Une voie antique

La voie est tout d'abord constituée d'une couche argileuse sur laquelle est disposé un radier de pierre calcaire sans organisation particulière. Un second niveau de pierre très compact recouvre le précédent. Un léger bombement dans la partie médiane du tracé assure l'évacuation des eaux pluviales sur les côtés. L'ensemble de la construction, large de 6,68 m, est contenu par de grosses pierres posées sur chant. Deux fossés latéraux sont apparus de chaque côté de la voie lors de la fouille. L'emprise totale de l'aménagement est alors de 27,76 m. Ces fossés servent au drainage des eaux de pluie et à séparer clairement l'espace public du chemin et les parcelles de terre qui sont des propriétés privées. L'espace libre entre les fossés et la voie servait au passage des cavaliers et aux troupeaux.

Un itinéraire gallo-romain

Quelques éléments de mobilier archéologique et les recherches historiques laissent penser que cette chaussée antique débutait à Amboise, passait par Bléré, Cigogné, franchissait l'Indre à Reignac, se poursuivait jusqu'à Manthelan et Port-de-Piles, où elle rejoignait la voie Tours-Poitiers. Cet itinéraire, ignorant Tours, menait rapidement vers le sud-ouest.

Un axe de circulation pérenne

Durant l'Antiquité, la voie est régulièrement entretenue. Progressivement, l'état du revêtement se détériore et les pierres disparaissent sous différents niveaux de terre qui forment un talus. L'itinéraire est toujours emprunté mais comme un axe secondaire. Aujourd'hui encore, certaines portions bitumées de la voie font office de routes communales et d'autres, sous forme de petits chemins de terre, accueillent les riverains et les promeneurs.