A Vieille-Toulouse, Haute-Garonne, le diagnostic archéologique concerne les parcelles 33p, 42p, 150p et 151p, section AC du cadastre actuel.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Les 158 tranchées ouvertes représentent 6,5 % des 95 017 m2 à sonder.52 tranchées, soit un tiers, sont positives, mais pas dans les contextes matériels et chronologiques envisagés dans l'arrêté de prescription, à savoir l'oppidum protohistorique de La Planho.

Les 161 structures fossoyées mises au jour sont majoritairement des fosses en batteries (132 structures), de diamètre similaire et dont deux sont des silos avérés, 17 segments de fossés rarement jointifs, une petite dizaine de trous de poteau et 6 zones d'épandages. Lorsque du mobilier céramique leur est associé, ce sont des fragments résiduels d'amphores italiques et des tessons de céramiques médiévales, du XIe au XIVe s. Les nombreuses scories de forge retrouvées en position secondaire, mais de manière récurrente dans le comblement de structures ou éparses au décapage de tranchées, témoignent d'une activité de forge dans les proches alentours. Cette occupation médiévale se développe exclusivement sur la parcelle 33p, terrasse naturelle molassique à couverture végétale faible, légèrement bombée, hors zone inondable, et en contrebas des parcelles du lotissement du Clos de Borde-Haute où une opération de sauvetage urgent menée durant l'hiver 1996 avait livré des vestiges médiévaux comparables (silos, fosses, structures de combustion). L'absence de toute structure protohistorique est en soi un résultat positif : elle renforce l'hypothèse actuelle sur la limite sud-est de l'oppidum, située quelque part dans la parcelle évaluée par J.-L. Boudartchouk/Inrap en 2000, peut-être dans ce creux orienté SO/NE encore visible dans le paysage et prolongé au nord-est par un petit ruisseau aux alentours inconstructibles pour cause d'inondations possibles (limite nord-ouest actuelle de la parcelle 33p). Les vestiges fossoyés découverts lors de ce diagnostic n'ont pas le caractère spectaculaire de puits funéraires, fanum, dépôts mobiliers particuliers, ateliers de potiers ou traces de fortifications (talus et fossé) tels qu'apparaissent les vestiges de Vieille-Toulouse pour la période pré-antique ; néanmoins, ils renouvellent et complètent utilement l'image de l'occupation historique de Vieille-Toulouse, précisément en dehors du secteur de l'oppidum, avec une activité médiévale de stockage (?) suivie d'une phase d'abandon pendant laquelle sont rejetés les débris d'un atelier de forge dont la localisation et la production restent à préciser, tout comme le secteur d'habitat lié à ces possibles silos.