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Mis à jour le
08 septembre 2016
Collection
Les Cahiers de l'Inrap

L'Inrap a vocation à recenser les savoir-faire et les connaissances de ses archéologues, à les harmoniser et à les diffuser. L'institut organise, en interne, des séminaires méthodologiques visant à améliorer les procédures de diagnostic et de fouille. Ces rencontres font l’objet de communications, publiées dans la collection « Les Cahiers de l'Inrap ». Accessible à l’ensemble de la communauté archéologique, cette publication favorise un partage des problématiques autour des méthodes et des techniques.

Par Anne Augereau, Hervé Guy, Alain Koehler
Edition Inrap
Cahier n°1 : Le diagnostic des ensembles funéraires

Le séminaire dont les travaux sont présentés ici était consacré au diagnostic des ensembles funéraires. Il rassemblait, en décembre 2005, plus de quarante spécialistes (anthropologues et archéologues du funéraire), responsables d'opération et adjoints scientifiques et techniques de l'lnrap. Leurs débats, succédant à des présentations de cas, ont porté sur la détection et la caractérisation des ensembles funéraires, dans une optique diachronique et méthodologique. Ils se sont conclus par des recommandations à l'usage des archéologues confrontés à ce type de découvertes.

Sommaire

Introduction

Cette publication représente une forme de concrétisation du tout premier séminaire à caractère méthodologique organisé par la direction scientifique et technique de l’Inrap. L’examen des multiples paramètres du diagnostic, fondement actuel de l’archéologie préventive, a paru être l’objet prioritaire d’une démarche de réflexion méthodologique à l’Inrap pour plusieurs raisons. En premier lieu parce que le diagnostic, dès lors qu’il a mis en évidence l’existence de vestiges archéologiques, conditionne sur les plans scientifique et financier l’étape suivante qu’est la fouille. En second lieu parce qu’il s’exerce, à l’Inrap, dans le cadre d’une enveloppe financière contrainte dont les limites doivent inviter à s’interroger sur les objectifs qualitatifs et quantitatifs qu’il est raisonnable d’envisager pour chacune de ces opérations. Enfin parce que l’Inrap, institut national de recherches, doit maîtriser au mieux les objectifs et les investissements qu’il doit et peut accorder à cet exercice représentant près de 80% du nombre d’opérations qu’il mène.

Déjà, une première enquête réalisée en 2003 montrait de fortes disparités régionales en termes de montage d’opérations de diagnostic, d’allocation de moyens, de surfaces traitées, de modalités de réalisation, de politique de prescriptions… Il était nécessaire d’approfondir ces constats et de tenter de proposer des pistes pour harmoniser les pratiques opérationnelles en réunissant les praticiens du diagnostic et les spécialistes sollicités, avec le souci évident de maintenir la qualité des résultats.

Pour ce premier séminaire, aborder le problème des ensembles funéraires s’est justifié par la difficulté particulière rencontrée dans l’évaluation et le montage des opérations de fouilles de ce type de sites. Dans de nombreuses situations en effet, la réalité constatée lors des fouilles s’est révélée éloignée de l’estimation des moyens. Par ailleurs, les sites funéraires représentent un pourcentage important des découvertes effectuées à l’Inrap et ont un impact financier non négligeable, le coût unitaire de fouille – c’est-à-dire par ensemble funéraire – étant relativement élevé. Il a donc paru urgent d’approfondir cette question en faisant appel à des expériences et des compétences à l’échelle nationale.

Il s’agissait tout d’abord, en réunissant responsables d’opérations de diagnostic, anthropologues et adjoints scientifiques et techniques, d’établir un premier bilan des pratiques habituellement mises en œuvre par les équipes de l’Inrap lors de diagnostics sur les ensembles funéraires. Ce bilan avait pour objectifs de mettre en lumière les problèmes les plus récurrents, ainsi que leurs conséquences scientifiques, rencontrés sur ces ensembles lors du diagnostic puis, ultérieurement, lors de l’évaluation des moyens pour la fouille, lorsque celle-ci est décidée ; de présenter les pratiques afin de faire prendre conscience des « risques » et donc de pouvoir les réduire ; et, enfin, d’exposer les réflexions sur la pertinence de ces mesures.

L’élaboration de ce premier bilan national ne prétend pas tendre vers l’exhaustivité mais propose un tableau général de ce qui est pratiqué et connu. Il s’appuie sur deux types d’approches :

  • des approches globales par interrégions ou entités géographiques étendues;
  • des présentations de cas particuliers.

Cette série d’expériences couvre a priori l’ensemble des cas de figures funéraires identifiés à ce jour, que l’on peut classer, d’un point de vue opérationnel, en six groupes :

  • sépultures isolées hors contexte ;
  • sépultures isolées dans un contexte d’habitat ou autre ;
  • petit groupe de sépultures disposées ou non dans un espace complexe (monument, charnier…);
  • plusieurs groupes dispersés de sépultures ;
  • cimetières, nécropoles (dont celles à proximité des églises) ;
  • cimetière stratifié complexe.

Les exemples portent tant sur les sites à inhumations qu’à incinérations, avec un intérêt tout particulier pour la détection de ces derniers.

On notera que cette nécessité de panorama met un accent particulier sur les aspects opérationnels afin de rester au plus proche des interrogations d’un responsable d’opération lors d’un diagnostic archéologique. Aussi, les questions suivantes ont été plus particulièrement traitées :

  • l’état préalable des connaissances avant l’intervention : aucun indice, site funéraire connu, soupçonné…;
  • le mode de détection : sondages en quinconce, en lignes, en aire… ;
  • le mode de caractérisation globale de l’ensemble funéraire : variation, extension, densité des structures… ;
  • le mode de caractérisation détaillée : dimensions, état de conservation, potentiel osseux et mobilier, complexité des ensembles, datation ;
  • les résultats de l’opération de fouille en regard des données de diagnostic, observées et estimées ;
  • la présentation et l’analyse des facteurs ayant joué un rôle dans la proximité ou l’éloignement des représentations du site, à l’issue du diagnostic et à l’issue de la fouille.

Un des objectifs initiaux de ce séminaire est de pouvoir réunir les éléments nécessaires et suffisants permettant de proposer des orientations opérationnelles (moyens, techniques, méthodes…) pour une caractérisation optimale de ces sites afin de disposer plus efficacement des données suffisantes et nécessaires au montage des opérations de fouilles. Ces orientations sont transcrites dans la deuxième partie de cette publication. Elles ont été guidées par trois grandes séries de questions, qui rejoignent les interrogations du responsable d’opération sur le terrain et président à la mise en œuvre du diagnostic sur les ensembles funéraires :

  1. la détection des ensembles ;
  2. la caractérisation globale des ensembles ;
  3. la caractérisation affinée des ensembles.

Concernant la détection, la question n’est pas tant celle de la méthode de sondages que celle de l’identification des indices de sites funéraires. Ceux-ci peuvent être classés en deux catégories principales qui induisent des méthodes d’approche appropriées examinées lors du séminaire :

  • indices directs ou évidents : sarcophages, morphologie des structures, etc.
  • indices indirects : contexte local, structures associées aux ensembles funéraires (monuments divers), etc.

La caractérisation globale du ou des ensembles funéraires, quant à elle, recouvre deux questions principales débouchant sur une multiplicité de réponses liées à la nature du site détecté et à son contexte :

  • quelle méthodologie permet d’approcher au mieux le type de site funéraire (par exemple, sépultures isolées hors contexte, petits groupes de sépultures, disposées ou non dans un espace complexe, cimetières ou nécropoles stratifiés ou non, etc.) ?
  • comment déterminer l’extension de l’ensemble, sa densité en surface et en volume pour les différents types de sites ?

Enfin, la caractérisation affinée des vestiges funéraires devrait a priori permettre d’atteindre a minima les objectifs suivants :

  • disposer d’indices pertinents concernant la chronologie de l’ensemble (ou des ensembles) ;
  • recueillir suffisamment d’observations permettant d’établir l’état de conservation global des structures ;
  • présenter le potentiel mobilier, en termes de qualité et de quantité, tel que le suggèrent la ou les périodes concernées, l’état de conservation des structures et les observations effectuées lors des tests des structures ;
  • pouvoir proposer certaines données concernant les caractéristiques physiques des fosses et tout particulièrement leur profondeur ;
  • pouvoir, de manière argumentée, se prononcer sur la complexité des structures : simples, multiples, riches…

Atteindre ces objectifs implique aussi une réflexion sur l’échantillonnage réalisé lors du diagnostic ainsi que sur la méthodologie d’approche de l’échantillon : sondage (très réduit ou non), fouille complète, méthodes complémentaires diverses, etc.

L’ensemble des interrogations mais aussi des réponses, pistes de réflexion et expériences présentées lors de ce séminaire, qui sont bien évidemment multiples, complexes et dépendantes des différents contextes d’interventions de l’Inrap, permettra, nous l’espérons, d’émettre quelques points de repères et d’exposer un minimum de recommandations pour le montage et la conduite optimum des opérations de diagnostic en contexte funéraire.

Collection « Les Cahiers de l'Inrap », 1
mars 2007
Actes du séminaire des 5 et 6 décembre 2005
Format 21 x 29,7
114 pages, 61 figures

Où l'acheter :

ÉPUISÉ

N° ISBN
2-915816-08-5
Année :
2007
Contact :

Armelle Clorennec
Direction du développement culturel et de la communication, Inrap
Service édition et valorisation
Tél. 01 40 08 80 03
armelle.clorennec [at] inrap.fr