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Mis à jour le
08 septembre 2016
Collection
Les Cahiers de l'Inrap

L'Inrap a vocation à recenser les savoir-faire et les connaissances de ses archéologues, à les harmoniser et à les diffuser. L'institut organise, en interne, des séminaires méthodologiques visant à améliorer les procédures de diagnostic et de fouille. Ces rencontres font l’objet de communications, publiées dans la collection « Les Cahiers de l'Inrap ». Accessible à l’ensemble de la communauté archéologique, cette publication favorise un partage des problématiques autour des méthodes et des techniques.

Par Pascal Depaepe, Frédéric Séara
Edition Inrap
Cahier n°3 : Le diagnostic des sites paléolithiques et mésolithiques

Le séminaire dont les travaux sont présentés ici était consacré au diagnostic des sites du Paléolithique et du Mésolithique. Il rassemblait, en décembre 2006, responsables d’opération, adjoints scientifiques et techniques et spécialistes de ces périodes. Les présentations de cas et les débats ont montré que la complexité de ce type de sites (fugacité des vestiges, enfouissement parfois important) requiert l’expertise d’équipes hautement qualifiées, pour optimiser les possibilités de découvertes et l’évaluation de leur potentiel scientifique.

Sommaire

Introduction

Les recherches sur le Paléolithique et le Mésolithique en archéologie préventive semblent être en France mieux intégrées dans les études d’impacts d’aménagement du territoire que dans la plupart des pays européens. En effet, rares sont les opérations de ce type menées dans ce contexte à l’échelle des pays de l’union européenne ; citons quelques opérations en Allemagne, en Belgique ou en Pologne, mais il est frappant qu’un pays comme l’Angleterre, dont le système d’archéologie préventive est cité comme un modèle par certains, soit absent dans ce domaine. En France, après les travaux pionniers d’Alain Tuffreau à Seclin puis sur la ligne TGV Paris-Lille (fouille de Riencourt-lès-Bapaume), c’est l’opération Autoroute A5 Sens-Troyes qui a posé les bases d’un diagnostic archéologique spécifiquement dédié à la recherche de sites paléolithiques (Deloze et al. 1994).

Le diagnostic des sites paléolithiques est d’une complexité à la fois scientifique et technique : scientifique, car l’absence dans l’immense majorité des cas de structures évidentes rend extrêmement délicate l’appréciation du degré de conservation du site, ses limites, ainsi que parfois sa chronologie du fait du caractère peu informatif d’une bonne partie du mobilier le plus souvent découvert, les artefacts en roche dure ; technique, car les sites peuvent être enfouis à des profondeurs importantes ce qui oblige au strict respect des règles de sécurité ainsi qu’à une réflexion sur la position des sondages à effectuer dans le but de ne pas déstabiliser la future construction. Toutes ces contraintes font des diagnostics paléolithiques un sujet délicat que seules des équipes formées peuvent maîtriser, d’autant plus que tous les archéologues ne sont pas aptes à la reconnaissance d’un silex taillé, toujours, dans ces cas, vicieusement couvert de boue et très différent que celui vu dans un manuel ou tout propre dans la vitrine d’un musée.

Le séminaire organisé par la direction scientifique et technique de l’Inrap et coordonné par Pascal Depaepe et Frédéric Séara s’est donné pour objectif non seulement de présenter des études de cas mais aussi de proposer des méthodes et techniques, bases d’un travail de terrain permettant l’amélioration des possibilités de découvertes de sites paléolithiques et la meilleure appréciation possible de leur potentiel scientifique.

Ce séminaire avait trois objectifs principaux :

  1. Comparer les diverses méthodes de diagnostics, en lien avec le contexte d’intervention : comment détecter les sites, quelle part accorder aux études préalables, etc.
  2. Définir les objectifs propres au diagnostic : taphonomie, datation, approche paléoenvironnementale, approche interprétative, etc.
  3. Déterminer les éléments indispensables à l’élaboration d’un projet scientifique et opérationnel de fouille.

Les communications ont donc été sollicitées en fonction de six thématiques.

  1. Études préalables au diagnostic mécanique (une communication) : quelles sont les études préalables souhaitables ? quelles sont celles concrètement réalisables ? sont-elles généralisables à toutes les interventions, avec quelle modulation en fonction du contexte administratif et technique de l’opération (par exemple tracés linéaires, grands travaux, opérations isolées…) ?
  2. Méthodes de diagnostic (cinq communications) : exposé des méthodes utilisées et adaptation de ces méthodes en fonction des contextes géomorphologiques, techniques, voire administratifs ; illustration au travers de cas concrets avec une approche économique (en journées homme et journées de terrassement).
  3. Taphonomie et diagnostic : une incompatibilité ? (deux communications) : comment intégrer, de manière concrète et pratique, la réflexion sur le degré de conservation du niveau et du site dès le diagnostic ?
  4. Place des études paléoenvironnementales durant le diagnostic (deux communications) : quels sont les minima requis, et en fonction de quels critères ? comment concilier ces études et les délais de rendu des résultats ?
  5. Quels éléments pour construire un projet de fouille ? (une communication) : quelles sont les informations nécessaires à la réalisation du projet de fouilles ? comment articuler la relation entre adjoint scientifique et technique, responsable d’opération et service régional de l’Archéologie ? des cas concrets comparant les attendus du diagnostic et les résultats de la fouille sont souhaités.
  6. Du diagnostic à la fouille : le transfert de l’information (une communication) : comment préserver et communiquer l’information dans un cadre de diagnostic par nature destructeur ? quels outils et procédures doivent être mis en place ?

Le nombre volontairement réduit de communications a permis de laisser place à de longs échanges entre les participants, intervenants comme auditeurs. La transcription de ces débats est trop volumineuse pour être publiée, mais ils ont servi de base aux conclusions de cet ouvrage.

Enfin, il nous paraît important de spécifier que la première de ces conclusions est que l’on ne s’improvise pas diagnostiqueur en Paléolithique. Découvrir et qualifier un site paléolithique est un travail ardu et complexe, fruit d’une formation et d’une longue expérience de terrain… et de multiples essais infructueux.

Collection « Les Cahiers de l'Inrap », 3
novembre 2010
Actes du séminaire des 5 et 6 décembre 2006
Format 21 x 29,7
108 pages, 76 figures

15 €
Où l'acheter :
N° ISBN
2-915816-12-9
Année :
2010
Contact :

Armelle Clorennec
Direction du développement culturel et de la communication, Inrap
Service édition et valorisation
Tél. 01 40 08 80 03
armelle.clorennec [at] inrap.fr